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Septième Réunion des Présidentes de parlement sur "Parlements sensibles au genre" : Transformer le Parlement pour y combler le déficit en femmes

 de Jemini Pandya, Delhi, 3 octobre 2012

 Le grand enjeu de l'accès des femmes au Parlement et aux structures parlementaires internes a fait l'objet d'un débat animé le 3 octobre à la 7ème réunion de Présidentes de parlement tenue par l'UIP à New Delhi.

La question des quotas ou des mesures spéciales visant à accroître le nombre de femmes au Parlement a suscité à nouveau cette interrogation : pareilles dispositions aident-elles ou handicapent-elles les femmes politiques ? Pour le Botswana, il ne fait aucun doute que les quotas ou les mesures spéciales sont impérativement nécessaires. Pour la Présidente du Parlement, Nasha Nnananyana, le fait que son parlement ne compte que quelques femmes est affligeant. " Les femmes sont complètement absentes du Parlement ", a-t-elle dit à ses collègues présidentes. Il faut en priorité corriger ce déséquilibre fondamental avant que d'autres activités liées aux questions de genre puissent être envisagées au Parlement, a-t-elle souligné.

Même si un cap a été franchi en 2012 s'agissant de la présence des femmes au Parlement, il n'en reste pas moins qu'aujourd'hui un parlementaire sur cinq seulement est une femme. On est encore loin des 50 pour cent que les femmes représentent dans la population mondiale.

La réunion, ouverte officiellement par le Président de la République indienne, Pranab Mukherjee, lors d'une cérémonie inaugurale tenue dans le cadre imposant et historique du Lok Sabha (Chambre basse) et accueillie par la Présidente du Lok Sabha, Meira Kumar, doit porter sur la manière de faire évoluer la participation des femmes à la vie politique en sensibilisant les parlements aux questions de genre.

Outre une réflexion sur la façon de renforcer la présence des femmes dans les parlements, la Conférence, qui rassemble 13 Présidentes de parlement, devra réfléchir aux moyens de changer les structures et les méthodes de travail des parlements pour les rendre plus attentifs aux questions de genre.

Les garderies d'enfants dans les parlements, les horaires de travail et les règles en matière de genre (congé parental ou harcèlement sexuel), et la façon dont ces règles peuvent contribuer à créer un environnement incitant les femmes à vouloir travailler au Parlement, sont autant de thèmes qui ont été abordés. Ils ont suscité un échange d'idées sur la façon de relever ces défis communs aux parlements.

La Présidente du Parlement autrichien, Barbara Prammer, a évoqué l'importance du mentorat pour les femmes parlementaires. " Les femmes ont besoin de bénéficier de puissants soutiens qui puissent les guider ", a-t-elle dit à ses homologues. " Les femmes qui ont réussi à briser le plafond de verre doivent entrainer d'autres femmes dans leur sillage ".

Dans son discours inaugural, le Président indien Mukherjee a expliqué comment les amendements à la Constitution de l'Inde autorisant les sièges réservés aux femmes dans les structures de gouvernance et les conseils locaux avaient eu un impact spectaculaire sur la participation des femmes à la vie politique locale. Le fait de réserver aux femmes un tiers des sièges dans les conseils locaux avait fait entrer 800 000 femmes dans la vie politique en une seule élection, a-t-il dit. " C'est très important car les " gram panchayat " (conseils de village) sont, à mes yeux, le meilleur terrain d'apprentissage pour les futurs parlementaires ", a-t-il ajouté. Onze pour cent des parlementaires indiens sont des femmes. L'Inde n'a pas encore introduit les quotas au niveau du Parlement national.

Le Président de l'UIP, Abdelwahad Radi, a déclaré aux participants à la réunion qu'il refusait d'être pessimiste sur les chiffres des femmes dans les parlements. Il a souligné que le pourcentage de présidentes de parlement- 14 pour cent – correspondait à la proportion de femmes ministres (16 pour cent) et était supérieur à celle des femmes chefs d'Etat.

La première journée a donné lieu en outre à des allocutions prononcées par le Secrétaire général de l'UIP, Anders B. Johnsson, et la Directrice générale d'ONU Femmes, Michelle Bachelet. Tous deux ont insisté sur la nécessité d'une action volontariste en faveur de l'accès des femmes au Parlement.

La démocratie étant fondamentalement liée à la représentation, laquelle apporte des changements qui concernent la société dans son ensemble, il n'est pas acceptable que la moitié de la population mondiale n'ait pas une voix égale dans l'action politique et dans les décisions politiques qui sont prises, a dit le Secrétaire général aux participants.

Les parlements doivent répondre aux attentes et aux préoccupations de la société dans son ensemble. Il a ajouté que l'Organisation était le témoin de grandes évolutions parmi ses 162 Membres, sous la pression du public. Mais la question de la représentation politique des femmes et de la sensibilisation des parlements aux attentes des femmes comme des hommes restait un défi majeur. "C'est un défi que les parlements doivent relever avec énergie et volonté", a-t-il souligé.

Pour lire davantage consultez la page de l'UIP 

 

Région: 
Partenaire: 
L'Union Interparlementaire
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