La Participation Politique des Jeunes

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La Participation Politique des Jeunes

Les jeunes sont souvent exclus ou ignorés comme potentiels candidats aux postes élus. La politique est généralement considérée comme un espace pour les hommes expérimentés en politique, et comme les femmes sont souvent désavantagées dans l'accumulation d'expérience pour s’engager en politique, les jeunes sont systématiquement marginalisés en raison de leur jeune âge, des possibilités limitées et du manque conséquent d'expérience. Tout comme plus de participation féminine en politique profite à l'ensemble de la société, la présence des jeunes dans les postes de décision profite à tous les citoyens et pas uniquement aux jeunes. L'Union interparlementaire (UIP) rapporte que les personnes âgées de 20 à 44 ans constituent 57% de la population mondiale en âge de voter, mais seulement 26% des députés du monde. Les jeunes de moins de 30 ans représentent 1,9% des députés dans le monde et plus de 80% des chambres supérieures de Parlements n'ont pas de députés en dessous de 30 ans. Alors que les jeunes jouent souvent un rôle central et catalyseur dans les mouvements de démocratie à travers le monde, ils sont moins engagés que d’autres générations dans le vote et l'activisme des partis. Ensemble, ces tendances ont inspiré de nombreuses organisations internationales à étudier le manque de participation politique des jeunes et à former de jeunes militants à devenir des leaders politiques.

Reconnaissant le potentiel des jeunes, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a élaboré sa toute première Stratégie pour la jeunesse (2014-2017) intitulée «Jeunes autonomisés, avenir durable», conformément au Plan d'action du système des Nations Unies pour la jeunesse (2013) qui invite les jeunes générations à s'impliquer et s'engager davantage dans les processus de développement. En 2013, le PNUD a également publié le premier examen des stratégies de programmation pour la participation des jeunes au-delà des urnes, intitulé «Améliorer la participation politique des jeunes à travers tout le cycle électoral: Guide de bonnes pratiques». En 2016, afin de renforcer la mise en œuvre de la Stratégie pour la jeunesse du PNUD et de répondre à la fois au Programme 2030 pour le développement durable et à la Résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la jeunesse, la paix et la sécurité, le PNUD a lancé un programme mondial Jeunesse pour le développement durable et la paix – Youth-GPS (2016-2020). Le Youth-GPS met l'accent sur l'engagement civique et la participation politique, entre autres, et répond aux préoccupations exprimées par les jeunes dans les forums mondiaux, régionaux et nationaux et à la demande croissante à tous les niveaux pour un soutien stratégique et de pointe dans la programmation sur la jeunesse dans tous les contextes de développement. En 2016, à l'initiative conjointe d'un certain nombre de partenaires, dont le PNUD et l'UIP, la campagne mondiale «Pas trop jeune pour se présenter» a été lancée afin de promouvoir le droit des jeunes de se présenter aux élections et de traiter de la vaste discrimination fondée sur l'âge.

En 2010, l'UIP a adopté la résolution «Participation des jeunes au processus démocratique» lors de sa 122ème Assemblée et en 2013, l’UIP a créé le Forum des jeunes parlementaires. Depuis, l'UIP a publié deux études, l'une en 2014 et l'autre en 2016, résultats de questionnaires destinés à recueillir des données auprès de ses parlements membres du monde entier sur la participation des jeunes aux parlements nationaux. Grâce à ces études, l'UIP formule un certain nombre de recommandations d'action qui, si mises en œuvre, permettront aux jeunes d'être pleinement engagés dans la vie politique. Il s'agit notamment de concevoir des stratégies par les parlements nationaux et les partis politiques qui visent l'inclusion des jeunes députés et assurer la diversité parmi les jeunes, en s'attaquant aux disparités entre le nombre de jeunes hommes et de jeunes femmes qui entrent au Parlement. L'UIP recommande également d'aligner l'âge minimum pour les candidatures parlementaires à l'âge minimum de vote et d'établir des quotas pour les jeunes (par exemple, les sièges réservés, les quotas légaux, les quotas de partis) afin d'accroître le nombre de jeunes députés. En 2016, les membres de l'UIP ont approuvé le document «Rajeunir la démocratie, donner la parole aux jeunes», en s'appuyant sur les principes promus par les jeunes parlementaires de l'UIP: «Pas de décisions sans nous» qui décrit comment les parlements et les parlementaires pourraient aider à rajeunir la démocratie et donner aux jeunes du monde une voix dans la prise de décision politique.

De plus, ONU Femmes a créé le Forum de la jeunesse à la Commission de la condition de la femme en mars 2016, permettant aux représentants mondiaux de la jeunesse de discuter des enjeux auxquels ils sont confrontés et de réfléchir aux solutions pour les objectifs de développement durable, surtout l’objectif 5 spécifique à l’égalité entre les sexes. ONU Femmes a également publié la CEDAW pour la jeunesse en 2016, une version adaptée aux jeunes de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) élaborée par les jeunes. International IDEA a publié en 2016 un rapport intitulé «La promotion de la participation politique des jeunes au cycle électoral : Points d’entrée des organes de gestion des élections» documentant les défis et les pratiques visant l'intégration des jeunes en politique et dans les différents processus électoraux.

Objectif de la discussion en ligne

Cette discussion en ligne vise à faire participer les communautés de iKNOW Politics et de UNDP4YOUTH dans ce débat grandissant sur la participation des jeunes à la vie politique. Vous êtes invités à participer à cette discussion en ligne du 3 avril au 8 mai 2017. Les étudiants, les jeunes parlementaires, les militants des partis politiques et des mouvements sociaux, les représentants de la société civile, les mouvements et réseaux de jeunes, les représentants des gouvernements, des organisations internationales et des milieux universitaires sont invités à contribuer avec leurs expériences en répondant à une ou plusieurs des questions mentionnées ci-dessous. Les contributions participeront à l'élaboration d’une réponse consolidée qui enrichira les connaissances disponibles sur le thème de la participation politique des jeunes. Nous nous réjouissons à l’idée d’un exercice informatif de partage des connaissances sur ce sujet.

Questions

  1. Comment expliquez-vous la faible représentation des jeunes dans les parlements et les gouvernements du monde entier?
  2. Qu'est-ce qu'un environnement propice à la participation des jeunes à la vie politique, en particulier les jeunes femmes?
  3. Que peuvent faire les parlements, les gouvernements, les partis politiques et la société civile pour accroître la représentation des jeunes femmes et hommes en politique? Avez-vous des exemples de bonnes pratiques?
  4. Quelles sont les méthodes alternatives les plus innovantes (marches, sit-ins ...) à la participation politique formelle que les jeunes choisissent afin d'apporter des changements et d'être entendus?
  5. Comment pouvons-nous soutenir davantage de jeunes qui seraient intéressés à canaliser leur militantisme à travers des institutions politiques formelles?
  6. Quelles stratégies et quelles approches ont réussi à recruter les jeunes femmes et hommes au sein des partis politiques?
  7. Que peut-on faire pour soutenir les jeunes députés dans leur carrière parlementaire? Veuillez partager toutes les initiatives que vous connaissez.
  8. Comment est-ce que les jeunes parlementaires peuvent mieux aborder l'égalité entre les sexes et l'autonomisation des femmes? Les jeunes sont-ils plus susceptibles d'être actifs dans la lutte contre la discrimination et la violence sexiste?
  9. Comment mieux mesurer la participation politique des jeunes et leur influence sur les politiques?
 Veuillez noter les différentes méthodes à votre disposition pour nous envoyer vos contributions:
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Il y a 2 commentaires dans cette langue, Autres commentaires sont disponibles en différentes langues.

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Portrait de EstherAssi

Le desinteret des jeunes pour la politique ne serait etre total. La jeunesse africaine francophone par exemple pratique une politique passive. C'est a dire, qu'elle suit les decisions prises par les dirigeants politiques, elle s'interesse aux differents candidats a l'election surtout presidentielle(elle suit les debats) etc... mais ne lui demandons pas d'integrer un parti politique ou un syndicat. Elle prefere creer une association pour les demunis ou encore et surtout une start-up. 

La jeunesse a du mal a se faire entendre. Elle est classee dans la zone des imatures.parfois les politiques qui sont prises par les decideurs ne repondent pas a ses attentes. Tout devient difficile. Je pense que c'est ce qui expliquerait son attitude rebelle. les plus ages pensent avoirplus d'experience et la sagesse necessaire pour la gestion. 

Les jeunes estiment avoir plus de diplomes et aiment innover. Or les vieux sont conservateurs.ils ont du mal a s'arrimer a la mondialisation et ses defis. La situation de l'Afrique le temoignerait a juste titre.

Le conflit generationnel demeure des lors. 

N'hesitez pas m'ecrire en cas de besoin. 

Portrait de admin

Je suis tres ravie de decouvrir votre page pendant mes recherches. Je suis etudiante a l'Institut des Relations Internationales du Cameroun (IRIC) et presidente de l'association des etudiants et stagiaires diplomatiques dudit institut. En tant qu'etudiante de Master 2 en Science Politique-Relations Internationales j'ai axe ma recherche sur l'action internationale d'integration politique des jeunes: cas de l'OIF. 

Pendant mes recherches et mon enquete aupres des etudiants,je me suis rendue compte que pres de 80% pratiquent la politique passive.ils n'osent pas s'engager dans un parti,ils revent d'etre parlementaires a partir de 45 ans. Car pour eux, la politique ou la gouvernance releve de la classe des vieillards. Ces derniers estiment avoir plus de maturite et de competence. Des lors,le jeune n'est pas "welcome".il represente tout ce qui est immature. 

En realite, les jeunes estiment etre une menace reelle pour la classe des plus ages. car ils sont plus formes,ont plus de diplomes et plus d'idees novatrices. Pour eviter tout conflit generationnel, ils preferent se mettre a l'ecart et observer les plus ages occuper le devant de la scene.