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Réponse de la part d'une experte d'iKNOW Politics : Audrey McLauglin
En dépit du fait que le personnel travaillant pour les partis est souvent majoritairement composé de femmes, leurs préoccupations sont rarement prises en considération, ainsi que la possibilité d'en faire des élues. La première difficulté consiste donc à affirmer la capacité des femmes à constituer une force au sein du parti et à renforcer leurs chances d'être élues.
Comment s'y prendre?
S'organiser sans hésiter longuement. Les sections féminines rencontrant le plus de succès réussissent :
-à influer sur le programme du parti, en proposant des politiques portant spécifiquement sur des domaines importants pour les femmes, parmi lesquels : la santé des femmes, la violence à l'égard des femmes, la prise en charge des enfants, etc.;
- à collecter des fonds : aucun parti n'a jamais suffisamment d'argent. Les sections féminines se sont lancées dans la collecte de fonds de différentes façons, par exemple en vendant des articles d'artisanat et des travaux faits à la main, en élaborant un livre de cuisine proposé à la vente, en proposant des services de traiteur;
- à soutenir les femmes candidates aux élections et les élues;
- à proposer un quota de femmes à tous les postes de cadres du parti aux échelons national et local. Le New Democratic Party canadien, avec un quota de 50% pour tous les postes à pourvoir dans le parti, en est l'un des meilleurs exemples. Dans certains pays, notamment l'Indonésie et l'Inde, des initiatives de lobbying parlementaire en faveur de quotas de femmes ont donné de bons résultats;
- à créer des réseaux: la majeure partie des organisations non gouvernementales ne suivent pas la ligne d'un parti politique, mais des occasions de travail en commun autour d'un objectif partagé peuvent se présenter. Par exemple, le groupe 50/50 du Sierra Leone a très bien réussi à mettre en avant l'importance du rôle des femmes dans la prise de décisions. De surcroît, de nombreux pays ont mis au point des plans d'action destinés à développer la participation féminine à un grand nombre de domaines, dont le domaine politique, dans le sillage de la Conférence de Beijing. Informez-vous des engagements pris par votre pays s'il a signé ce traité et/ou la CEDAW et mettez votre parti au défi de concrétiser ces engagements dans sa politique.
- à faire de la formation: nombreuses sont les femmes à ne pas se sentir "qualifiées" pour la politique... ce qui n'est en général pas du tout le cas. Les sections féminines formant leurs membres dans le domaine juridique, dans la politique en général et sur différents autres sujets stimulent l'intérêt et la participation de leurs membres tout en renforçant leur confiance en elles-mêmes.
Communication:
Elle pose problème dans de nombreux pays en raison d'un accès limité à la technologie, mais le recours croissant à Internet a considérablement facilité la communication entre groupes.
Par ailleurs, de nombreuses organisations font part de leur expérience sur le Net.
Si ce mode de communication n'est pas faisable dans un domaine particulier, les petites réunions de groupe restent le mode d'organisation le plus efficace.
Instruments requis:
Organiser une section féminine ne nécessite pas forcément beaucoup de moyens financiers, mais de bonnes qualités d'organisation, ainsi que la capacité à rassembler les individus autour d'un objectif commun. Le système le plus efficace selon moi consiste à se fixer un objectif commun atteignable (si possible) immédiatement. Il est important de disposer d'un plan stratégique permettant de bénéficier du soutien de la direction du parti et de ses cadres.
Les sections féminines sont trop souvent considérées comme une menace plutôt qu'un atout pour la hiérarchie du parti. Il est très important de faire participer la direction aux projets de création d'une section féminine.
L'erreur la plus fréquemment commise consiste à se fixer dès le début un ordre du jour et un projet trop ambitieux. Il vaut bien mieux démarrer avec un petit groupe et un projet réalisable susceptibles de se développer. Le projet montrera au parti ce que les femmes sont capables de réaliser et leur servira de base à partir de laquelle élargir leurs activités.
Message de la responsable de la publication:
Cette réponse nous a aimablement été fournie par Mme Audrey McLaughlin. Mme McLaughlin a été parlementaire pour l'Etat du Yukon de 1987 à 1997. Elle a été à la tête du New Democratic Party canadien entre 1989 et 1995 et a été la première femme élue au poste de dirigeante d'un parti fédéral au Canada.
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Comments
C'est surtout la loi électorale congolaise qui bloque la parité
En effet, dès lors que la loi électorale congolaise a consacré les listes ouvertes au cours de dernières élections législatives, on ne pouvait pas espérer une réelle représentation de la femme.
Il faudrait, pour mettre en oeuvre la parité en République Démocratique du Congo, songer à modifier les dispositions de la loi électorale se rapportant au scrutin proportionnel des listes ouvertes; ce scrutin proportionnel doit alors etre des listes bloquées afin de contraindre les partis politiques à inclure les femmes sur leurs listes de candidature.
Méthode Webster-Kibangula:pour un système électoral juste et efficace!