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Leadership des femmes

Il y a 72 ans jour pour jour, la Belgique adoptait un suffrage universel pour toute sa population. Autorisées à voter uniquement pour les élections communales, les femmes sont enfin reconnues comme des citoyennes à part entière, et peuvent élire les membres du Parlement. Pour l’occasion, on revient en 6 dates sur l’évolution du droit de vote dans notre pays.

1830 – Le vote censitaire

À l’indépendance de la Belgique en 1830, seul une élite a le droit de voter. Tous les hommes de plus de 25 ans qui payent assez d’impôts ont le droit d’élire leurs représentants. On appelait cela le vote censitaire.

En 1830, le cens était plus élevé dans les villes que les régions rurales. Il faudra attendre 1848 pour que le seuil soit ramené à 42,20 francs pour tout le pays. Ce changement augmente considérablement le nombre d’électeurs. Selon le livre La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, le nombre d’électeurs double dans les villes, et augmente de moitié dans les communes rurales. « Cette augmentation reste toutefois relative », le pourcentage d’électeurs passe de 1,072 % à 1,824 % de la population.

1893 – Le suffrage universel masculin « tempéré par le vote plural »

À l’issue de la première grande grève générale menée en Belgique par le Parti Ouvrier Belge, le pays abandonne le suffrage censitaire pour inscrire le suffrage universel dans la Constitution. Ainsi, tous les Belges de sexe masculin de plus de 25 ans avaient le droit de voter. Il est toutefois « tempéré par le vote plural », ce qui signifie qu’un électeur pouvait avoir une ou deux voix supplémentaires selon plusieurs facteurs sociaux, familiaux et économiques. Le nombre total d’électeurs est multiplié par 10, passant de 136 775 électeurs à 1 370 687.

Cliquez ici pour lire l’article publié par Paris Match le 27 mars 2020.

Une semaine avant le premier tour des municipales, nous dévoilons une tribune portée par le réseau EluesLocales qui rassemble des femmes engagées dans un mandat politique, de tous bords et de toutes les régions. C'est d'ailleurs la plus vaste communauté de femmes élues en Europe. Le texte a déjà été signé par près d'une centaine de têtes de liste.

« Si la campagne #MeToo a permis une large libération de la parole des femmes, celle-ci reste encore trop dépendante du poids médiatique qu'on lui accorde, et n'a pas investi tous les secteurs concernés.

Le milieu politique n'est pas épargné. Récemment, NousToutes a élaboré en lien avec notre réseau EluesLocales l'enquête #EntenduALaMairie pour recenser les violences sexistes et sexuelles dont sont victimes les femmes élues. Aucune place au doute : sur 350 élues interrogées, 72 % déclarent avoir été victimes de sexisme, de harcèlement sexuel et/ou d'agressions!

Cliquez ici pour lire l’article publié par Le Parisien le 7 mars 2020.

Le rapport de l'UIP de cette année examine la présence des femmes au parlement au cours des 25 dernières années, à l'occasion du 25e anniversaire de la Conférence de Beijing et de son plan d'action novateur pour l'égalité des sexes.

L'analyse de l'UIP montre que la parité est possible.  le pourcentage global de femmes dans les parlements a atteint 24,9 pour cent en 2020, contre 11,3 pour cent en 1995.  Dans quatre pays (Rwanda, Cuba, Bolivie et Émirats arabes unis), les femmes représentent aujourd'hui 50 pour cent ou plus des parlementaires à la chambre basse ou unique du parlement, alors qu'en 1995 aucun parlement n'avait atteint la parité.

L'UIP scrute la participation des femmes au parlement depuis des décennies, ce qui lui permet d'observer les tendances sur le long terme, les progrès ainsi que les reculs.

Cliquez ici pour voir le rapport.

Une semaine après que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a qualifié le COVID-19 de pandémie et alors que les gouvernements du monde entier prennent des mesures musclées pour tenter de freiner sa propagation, les conséquences sociales du nouveau coronavirus touchent durement les femmes.

À l’échelle mondiale, celles-ci représentent 70 pour cent des travailleurs du secteur de la santé et des services sociaux, et assument trois fois plus de tâches domestiques que les hommes.

« La majorité des agents de santé étant des femmes, ce sont elles qui sont exposées aux plus hauts risques. La plupart d’entre elles sont également mères et s’occupent de membres de leur famille. La charge des responsabilités familiales, déjà disproportionnée en temps normal, continue de reposer sur elles. Les femmes se trouvent donc dans un état de stress considérable », a déclaré la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka.

« En outre, la majorité des femmes travaillent dans l’économie informelle, ce qui signifie que leur revenu est précaire et qu’elles bénéficient d’une assurance maladie généralement inadaptée, voire inexistante. Sachant qu’elles ne sont souvent pas éligibles aux mesures de renflouements, elles ne sont pas aidées sur le plan financier. Il ne s’agit pas là seulement d’un problème sanitaire pour de nombreuses femmes, nous sommes au cœur de la question de l’égalité des sexes ».

L’expérience récente d’autres épidémies, notamment Ebola et Zika, a révélé que ces crises détournaient les ressources des services dont les femmes ont besoin, alors même que la charge des responsabilités familiales qui leur incombe augmente et que leurs revenus diminuent.

Par exemple, lorsque les services de santé sont surchargés, les femmes ont plus difficilement accès aux soins pré et post natals, ainsi qu’aux contraceptifs. Il s’agit là d’une préoccupation de plus en plus pressante compte tenu de l’évolution du COVID-19.

Par ailleurs, les besoins spécifiques des travailleuses de santé sont souvent négligés. « Selon les informations collectées, en ce qui concerne la réponse sanitaire en Asie, les produits d’hygiène menstruelle ne faisaient au départ pas partie de l’équipement de protection individuelle du personnel de santé féminin », a déclaré Mohammad Naciri, Directeur régional d’ONU Femmes pour l’Asie et le Pacifique.

Dans les ménages présentant des problèmes de violence familiale, lorsque les stratégies d’isolement et de quarantaine sont employées, le risque de violence de ce type a tendance à augmenter. Les données obtenues auprès de certaines collectivités touchées révèlent l’émergence de tendances similaires en ce moment, en raison du COVID-19.

Il devient également de plus en plus évident que les conséquences économiques du COVID-19 frapperont plus durement les femmes, car un plus grand nombre d’entre elles occupent des postes peu rémunérés, précaires et informels. Les perturbations, y compris les restrictions des déplacements, risquent d’empêcher les femmes de gagner leur vie et de répondre aux besoins essentiels de leur famille, comme cela a été le cas lors de la crise d’Ebola.

« ONU Femmes travaille avec ses partenaires pour s’assurer que les stratégies de réponse au COVID-19 élaborées aux niveaux national, régional et mondial tiennent compte du fait que les hommes et les femmes ne subiront pas les mêmes conséquences », a déclaré Sarah E Hendriks, Directrice des Bureaux des politiques et des programmes et de l’appui aux mécanismes intergouvernementaux d’ONU Femmes.

« Cela implique notamment d’appuyer l’analyse des disparités entre les sexes et la collecte de données ventilées par sexe, afin que les besoins et les réalités des femmes ne soient pas oubliés, alors même que nous cherchons à en savoir plus sur le COVID-19. Nous nous focalisons également sur les programmes qui visent à renforcer la résilience économique des femmes face à cette crise, et en vue des prochaines, afin qu’elles disposent des ressources dont elles ont besoin pour elles-mêmes et pour leurs familles ».

En Chine, par exemple, ONU Femmes se concentre sur des stratégies de relance économique pour soutenir les petites et moyennes entreprises appartenant à des femmes, afin d’atténuer l’impact économique négatif de l’épidémie. L’Organisation a également soutenu des campagnes de sensibilisation visant à promouvoir les initiatives et les contributions des femmes dans les interventions face au COVID-19, qui ont touché plus de 32 millions de personnes.

Alors que de plus en plus de pays et de régions ferment les écoles et les garderies afin de freiner la propagation du COVID-19, de nouveaux obstacles entravent la capacité des femmes à occuper des emplois rémunérés. À l’échelle mondiale, les femmes sont toujours payées en moyenne 16 pour cent de moins que les hommes, l’écart salarial atteignant même 35 pour cent dans certains pays. En temps de crise, les femmes doivent souvent faire le choix injuste et parfois impossible d’abandonner leur travail rémunéré pour s’occuper de leurs enfants à la maison.

ONU Femmes travaille en étroite collaboration avec l’OMS et d’autres agences et équipes de pays des Nations Unies pour renforcer la réponse coordonnée à l’épidémie. Elle s’appuie également sur les réseaux existants d’organisations dirigées par des femmes pour que leurs voix et leurs initiatives soient prises en compte dans les efforts de préparation et de réponse déployés face au COVID-19.

« Il est actuellement crucial de veiller à ce que les communications relatives aux crises et aux risques ciblent et atteignent les femmes, les personnes en situation de handicap et les groupes marginalisés », a déclaré Paivi Kaarina Kannisto, Responsable des questions de paix et de sécurité pour ONU Femmes.

« Au Libéria et en Sierra Leone, ONU Femmes a mené des campagnes de mobilisation communautaire sur la diffusion de messages relatifs à la prévention, la gestion des cas et la lutte contre la stigmatisation lors de l’épidémie d’Ebola. En sensibilisant, en menant des actions locales et en formant les communautés, les programmes ont permis aux femmes de s’adresser à d’autres femmes via différents médias, parmi lesquels la radio et les textos. Cela a permis de partager des informations vitales par des sources auxquelles les populations cibles s’identifiaient et faisaient confiance. L’application d’une réponse sexospécifique s’appuyant sur les réseaux locaux de femmes a eu une incidence positive majeure sur la gestion régionale de la crise d’Ebola ».

ONU Femmes a publié une série de recommandations où la prise en compte des besoins et du leadership des femmes réside au cœur du déploiement d’interventions efficaces face au COVID-19 :

  • assurer la disponibilité de données ventilées par sexe, y compris sur les différences en matière de taux d’infection, d’impact économique et de charge différentielle des responsabilités familiales ainsi que sur l’incidence de la violence familiale et de la violence sexuelle ;
  • intégrer les dimensions de genre et la participation d’experts sur la question dans les plans d’intervention et les ressources budgétaires afin d’accroître l’expertise des équipes d’intervention en la matière ;
  • soutenir en priorité les femmes qui se trouvent en première ligne lors des interventions, par exemple en fournissant des équipements de protection individuelle adaptés aux femmes ainsi que des produits d’hygiène menstruelle aux travailleuses de santé et aux soignantes, et en assouplissant les modalités de travail des femmes compte tenu de la charge de responsabilités familiales qui leur incombe ;
  • assurer la participation équitable des femmes aux prises de décisions relatives à la planification des interventions et de la gestion des conséquences à long terme ;
  • veiller à ce que les messages de santé publique ciblent correctement les femmes, y compris les plus marginalisées ;
  • élaborer des stratégies d’atténuation ciblant spécifiquement les conséquences économiques de l’épidémie sur les femmes et renforçant leur résilience ;
  • protéger les services de santé essentiels pour les femmes et les filles, y compris en matière de santé sexuelle et procréative ; et
  • donner la priorité aux services de prévention et d’intervention en cas de violence basée sur le genre dans les collectivités touchées par le COVID-19.

Source: ONU Femmes.

Par Cecilia Díaz Weippert,

La pauvreté est fortement ressentie par les femmes et les jeunes. Que fait-on face à cette réalité ? Salufa Nunu, coordinatrice de l’Association pour la Promotion de l’Entreprenariat Féminin (Apef), à Bukavu, en parle.

En République Démocratique du Congo, les forces de sécurité et des groupes armés sont responsables de nombreuses agressions contre la population civile, allant des pillages aux actes de torture, viols et meurtres. Les femmes sont les plus exposées à cette violence. Ainsi, on estime que plus de mille femmes seraient violées par jour dans le pays. La souffrance des victimes de viol se double d’une nouvelle injustice : le rejet et la discrimination de leur communauté qui les marginalise.

Lors des élections de décembre 2018, il n’y a pas eu de progrès significatifs en termes de représentation des femmes : sur 485 députés nationaux, seules 50 femmes ont été recensées. La participation féminine aux assemblées provinciales est tout aussi faible, avec un taux qui ne dépasse pas les 12%. Par ailleurs, on estime que huit personnes sur dix vivent sous le seuil de pauvreté absolue et les données de l’enquête de l’Institut national des statistiques montrent que la pauvreté est fortement ressentie par les femmes et les jeunes.

Et que fait-on face à cette réalité ? Ce mois d’avril 2019, nous nous trouvons à Bukavu, au Sud-Kivu, pour une formation à la citoyenneté mondiale et aux relations Nord-Sud [1]. Cette fois-ci, participent à la formation un groupe de femmes défavorisées de Bukavu, apprenantes en couture, teinture et broderie. Le centre de formation de l’Association pour l’entreprenariat féminin, Apef, leur permet d’acquérir un métier ainsi que de se former aux droits de la femmeS.

Mes collègues viennent de terminer l’animation sur les inégalités, le « jeu de chaises », qui rends visible les inégalités en termes d’accès à la richesse dans le monde et la richesse est représentée par des chaises. Révoltée par le fait de voir qu’en Afrique on n’a pas assez de chaises pour toute la population, et qu’en Amérique du Nord il y a des chaises de trop, une des apprenantes se lève et avance vers les chaises de l’Amérique du Nord et dit : mais, qu’est-ce qui nous empêche d’aller chercher les chaises là, où on en a de trop ! ». Si seulement on pouvait se lever et aller chercher les chaises là où on en a en abondance !

Cliquez ici pour lire l’article publié par Monde qui bouge le 8 mars 2020.

La parité en politique semble encore bien lointaine. A l'approche des élections municipales, l'AFP a fait le bilan et nous sommes bien loin du compte. En effet, un total de 21,32% des têtes de listes des communes de plus de 1.000 habitants aux élections municipales du 15 et du 22 mars sont des femmes, contre seulement 15,46% en 2014. Soit une progression de 6 points, ce qui représente une avancée tout de même notable.

Dans le détail, selon le site administratif "vie publique", à la fin de l'année 2019, les femmes étaient seulement 16,9% à être maires, et 29% premiers adjoints contre 40% conseillères municipales. "Depuis vingt ans de réels progrès ont été réalisés dans l'application du principe de la parité dans les élections politiques. Pour les élections municipales, ce sont les lois de 2007 et de 2013 qui définissent le cadre de la parité", note le site qui s'inscrit au coeur du débat public.

Cliquez ici pour lire l’article publié par Challengesle 13 mars 2020.