Le front numérique : la violence de genre en ligne, un obstacle à la participation politique des femmes et à la démocratie au Népal
Origen: Presse de Gauche
Le harcèlement numérique n’est pas un effet secondaire fortuit des technologies modernes ; il s’agit d’un mécanisme de contrôle délibéré, ancré dans des normes patriarcales, visant à « réduire au silence » la présence publique des femmes.
Il ne peut y avoir de véritable liberté d’expression tant que les femmes sont contraintes de mettre en balance leur participation démocratique et les risques liés à leur sécurité personnelle, aux traumatismes psychologiques et à l’humiliation à caractère sexuel.
Il ne faut pas laisser les pratiques observées lors des élections de 2026 au Népal devenir la norme numérique permanente. Pour faire face à cette crise, il ne suffit pas d’apporter des ajustements juridiques progressifs ; il faut repenser les droits numériques en tant que droits humains. Afin de garantir l’intégrité du processus démocratique, l’État doit aller au-delà d’une législation « neutre » et mettre en place des protections solides et applicables qui reconnaissent la nature spécifique de la violence fondée sur le genre et l’identité. Ce n’est qu’en comblant le fossé entre la loi et la réalité vécue que nous pourrons faire de l’espace public numérique un lieu de participation plutôt qu’un lieu d’exclusion.