Mercy Masta : « Le changement climatique, les inégalités, la criminalité et le manque d’infrastructures menacent la Papouasie-Nouvelle-Guinée bien plus que les guerres conventionnelles »
Source: Le Rubicon
Le Rubicon : En 2025, la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a célébré le 50e anniversaire de son indépendance vis-à-vis de l’Australie. La PNG est de loin le plus grand État insulaire du Pacifique et compte entre 11 et 17 millions d’habitants selon les estimations, ce qui contribue à sa riche diversité. Quel type d’État a vu le jour au cours des cinq dernières décennies ?
Mercy Masta : En 50 ans, la Papouasie-Nouvelle-Guinée s’est imposée comme un État fragmenté mais remarquablement résilient. Le pays se caractérise par une extraordinaire diversité culturelle, avec plus de 800 langues et des centaines d’identités culturelles et claniques distinctes. Plutôt que d’évoluer vers un État-nation hautement centralisé, la PNG s’est développée comme un État pluriel, presque hybride, où les institutions gouvernementales officielles coexistent avec des systèmes d’autorité coutumiers, des réseaux de parenté et des structures claniques.
La nature décentralisée de la gouvernance a d’ailleurs permis aux communautés locales de conserver leur autonomie culturelle et de préserver les systèmes traditionnels, notamment dans la prise de décision. Des réformes comme les politiques de décentralisation de 1995 ont donné aux 22 provinces une plus grande responsabilité en matière de développement local. Néanmoins, elles ont également mis en évidence les inégalités entre ces dernièresw au niveau des infrastructures, de l’accès aux soins, de l’éducation et des prestations de services. Dans de nombreuses régions, les figures d’autorité locales (ndlr : on parle de modèle du « Big Man »), les chefs et les meneurs de clans continuent d’exercer une influence significative sur le règlement des différends, les négociations foncières et l’autorité politique, jouissant souvent d’une plus grande légitimité au sein des communautés que les institutions étatiques !
Le Rubicon : En 2025, la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a célébré le 50e anniversaire de son indépendance vis-à-vis de l’Australie. La PNG est de loin le plus grand État insulaire du Pacifique et compte entre 11 et 17 millions d’habitants selon les estimations, ce qui contribue à sa riche diversité. Quel type d’État a vu le jour au cours des cinq dernières décennies ?
Mercy Masta : En 50 ans, la Papouasie-Nouvelle-Guinée s’est imposée comme un État fragmenté mais remarquablement résilient. Le pays se caractérise par une extraordinaire diversité culturelle, avec plus de 800 langues et des centaines d’identités culturelles et claniques distinctes. Plutôt que d’évoluer vers un État-nation hautement centralisé, la PNG s’est développée comme un État pluriel, presque hybride, où les institutions gouvernementales officielles coexistent avec des systèmes d’autorité coutumiers, des réseaux de parenté et des structures claniques.
La nature décentralisée de la gouvernance a d’ailleurs permis aux communautés locales de conserver leur autonomie culturelle et de préserver les systèmes traditionnels, notamment dans la prise de décision. Des réformes comme les politiques de décentralisation de 1995 ont donné aux 22 provinces une plus grande responsabilité en matière de développement local. Néanmoins, elles ont également mis en évidence les inégalités entre ces dernièresw au niveau des infrastructures, de l’accès aux soins, de l’éducation et des prestations de services. Dans de nombreuses régions, les figures d’autorité locales (ndlr : on parle de modèle du « Big Man »), les chefs et les meneurs de clans continuent d’exercer une influence significative sur le règlement des différends, les négociations foncières et l’autorité politique, jouissant souvent d’une plus grande légitimité au sein des communautés que les institutions étatiques !