Aller au contenu principal

Résumé sur la participation politique des jeunes et leur capacité à contribuer à l’autonomisation des femmes

Discussion Summaries

Back
October 9, 2014

Résumé sur la participation politique des jeunes et leur capacité à contribuer à l’autonomisation des femmes

 

En vue de la première conférence mondiale UIP des jeunes parlementaires, iKNOW Politics a organisé un débat en ligne sur la participation politique des jeunes et leur capacité à contribuer à l’autonomisation des femmes. Nous avons reçu des commentaires de plusieurs pays, dont la Belgique, la Grande-Bretagne, la Bulgarie, l'Ethiopie, Fidji, la France, les États-Unis, la Chine, le Liban, la Malaisie, les Pays-Bas, le Suriname et l’Ouganda. La discussion est toujours en cours et nous serions heureux si vous preniez part!

 

Message de lancement de la discussion:

Les institutions politiques ont traditionnellement été créées et dominées par les hommes qui décident des règles du jeu politique. Bien que ces institutions aient fait d’énormes progrès pour devenir plus accessible aux jeunes et aux femmes, il semble que ces efforts n'aient pas été suffisants pour briser la structure hiérarchique de ces institutions.

 

Dans le nord et le sud, les citoyens parlent de la désillusion croissante à l’égard du gouvernement, celle-ci due à la corruption, le manque de réactivité aux besoins des pauvres et le manque d'un sentiment de connexion avec les élus et les bureaucrates. Avec l’émergence de la société civile et de nouvelles formes de démocratie participative, les citoyens ont forgé de nouvelles voies à la représentation et à l'activisme. Les jeunes ont trouvé un moyen de faire entendre leur voix,  en organisant des mobilisations tels que "Occupy Wall Street", les "Indignados", l’occupation de la place Tahrir et bien d'autres, où les jeunes femmes ont également activement participé.

 

• Ces alternatives, pourraient-elles paver le chemin à une participation accrue des jeunes femmes dans la prise de décision politique?

 

• L’engagement politique des jeunes pourrait-il briser la domination masculine du monde politique?

 

• Les préoccupations des femmes sont-elles mieux prises en compte et abordées par les jeunes? Les jeunes sont-ils plus sensibles à la discrimination et la violence à l’égard de la femme?

 

Vous trouverez ci-dessous un résumé de la discussion. Pour lire tous les commentaires, veuillez cliquer ici.

 

 1)   Ces alternatives, pourraient-elles paver le chemin à une participation accrue des jeunes femmes dans la prise de décision politique? 

Les institutions politiques formelles sont majoritairement dominées par la gente masculine et ne fonctionnent qu’en affichant une certaine bonne volonté, tout en s’assurant que leur pouvoir reste intacte. C'est pour cette raison que la société civile (en particulier les jeunes et les femmes) a adopté d’autres alternatives  pour revendiquer ses droits et demander des solutions durables aux problèmes sociaux, politiques, économiques et culturels.

 

De nombreuses femmes se rendent compte que faire du plaidoyer et du lobbying en dehors des institutions politiques masculines pourrait être un meilleur moyen pour faire entendre leur voix. Certaines femmes politiques abandonnent la politique afin de mieux répondre à ces problèmes en dehors des structures politiques. En effet, lorsque les femmes entrent dans la vie politique, elles font partie d'une certaine structure et culture où elles doivent souvent renoncer à leur activisme et leur esprit de lobbying  afin de suivre les règles  du jeu politique et montrer  leur allégeance aux partis politiques.

 

Avec l’émergence de la société civile et de nouvelles formes de démocratie participative, les citoyens ont forgé de nouvelles voies à la représentation et à l'activisme. Ils sont maintenant en mesure de changer le statu quo imposé par l'élite politique. Ces solutions, cependant, ne sont pas nécessairement destinés à entrer en politique ou à créer un espace pour certains groupes (les femmes, les jeunes, les personnes âgées, les minorités, etc.) et ne demandent pas, sur le long terme, de prendre position sur des questions politiques. Elles sont le plus souvent destinées à la confrontation et le rassemblement d’alliés pour faire avancer des causes spécifiques. Le résultat positif de cet engagement est une prise de conscience accrue de ces questions politiques souvent suivit d’un engagement politique, même s’il ne tombe pas nécessairement dans la structure politique formelle.

 

Cependant, même si  ces alternatives pourraient paver le chemin à une participation accrue des jeunes femmes dans la vie politique (à condition que les femmes soient instruites et économiquement actives), des précautions doivent être prises pour s'assurer que ces méthodes informelles d'engagement se traduisent par une plus grande participation dans la prise de décision politique et à l'élection à des postes politique. Un de nos membres  soutient  dans sa thèse que même si  cette démocratie participative est en augmentation avec l'aide de nouveaux outils et de supports tels que les médias sociaux, les réseaux en ligne, et le plaidoyer en ligne ;  le problème principal semble être que cette participation reste confiné à la "sphère virtuelle". Les institutions politiques ont besoin de personnes sur le terrain pour pouvoir les changer de l'intérieur et non seulement virtuellement. L’activisme sur le terrain combinée avec l'activisme virtuel, créent des réseaux et des communautés importants, qui mèneront  les jeunes et les femmes à faire entendre leur voix, ce qui conduira à un changement.

Un cadre juridique adapté aux jeunes est essentiel pour permettre leur participation politique. Dans un tiers des pays, les lois prévoient un âge d’éligibilité pour siéger au parlement de 25 ans ou plus, créant un décalage entre l’âge légal de majorité et/ou de vote d’une part, et l’âge auquel une personne peut remplir une fonction élective.

Puisque les gouvernements et parlements nationaux peuvent revoir le cadre juridique, ils peuvent envisager :

·          L’alignement de l’âge minimum pour voter et de l’âge minimum pour se présenter aux élections
·          L’introduction de quotas de jeunes et de femmes dans les lois électorales ; et
·         D’identifier et d’éliminer les obstacles légaux spécifiques au contexte empêchant la participation des jeunes, afin par exemple de faciliter l’enregistrement des organisations de jeunes.

Les organisations de la société civile (OSC) et les partis politiques pourraient :

·         Examiner et discuter du cadre juridique pour la participation des jeunes ;
·         Envisager des propositions pour un cadre juridique adapté aux jeunes ; et
·         Faire campagne pour des changements. 


2)  L’engagement politique des jeunes pourrait-il briser la domination masculine du monde politique?

Certes, les assemblées législatives et les partis politiques sont, aux côtés d'autres institutions bureaucratiques, fondées sur le sexe. La configuration des hiérarchies de l'Etat permet aux hommes de gravir les échelons les plus élevés leur permettant ainsi d'exercer  une position d’autorité. De plus, il y a une tendance à l'institutionnalisation d'une certaine forme de masculinité et de la culture masculine associée à la race et à la classe sociale dans les institutions politiques. 

«Les jeunes peuvent –ils briser les barrières socio-culturelles et institutionnelles pour les femmes en politique? » La réponse à cette question est « oui ».

Il est important de noter que les jeunes ne sont pas un groupe homogène. Les différences locales, régionales, culturelles, spirituelles, économiques, etc.,  ne font que réaffirmer leur diversité et comment ils abordent certains problèmes. Tous les jeunes ne sont pas conscients de l'importance de l'inclusion des femmes, et beaucoup d'entre eux sont exposés au stéréotype quand ça vient aux problèmes concernant les femmes  et les questions de justice sociale, de développement et d’inclusion. Ils demeurent  cependant une force motrice majeure pour le changement s'ils sont adéquatement informés et bien sensibilisés.

Selon une étude, les jeunes femmes et les hommes impliqués dans la vie politique avaient déjà été impliqués dans des projets communautaires (Ford, 2002). Ils sont nés dans des familles où leur comportement civique avait été modélisé par leurs parents électeurs. Ainsi, ce groupe de jeunes hommes et femmes  étaient plus aptes à s’inscrire sur les listes électorales à l’inverse de ceux moins impliqués dans des projets communautaires. L’étude montre donc que le mentorat pour les jeunes femmes a un impact positif sur leur intérêt pour la politique ainsi que leur ambition. 

Leur capacité à apporter des changements a été démontrée à maintes reprises tout au long de l'histoire. Les jeunes [hommes et femmes] ont, dans la majorité des sociétés dans le passé [La France pendant la révolution; les colonies américaines lors de l’indépendance de l'Angleterre et La Chine avant l'insurrection communiste] généré et inspiré le changement social et politique. Des exemples plus récents incluent le Printemps Arabes en 2011 et les manifestations civiles en Bulgarie en 2013 qui ont été organisées à Sofia principalement par des jeunes contre la corruption et le lien entre la politique et la mafia. Parmi les leaders de la manifestation, il y avait de nombreuses  jeunes femmes et certaines d'entre elles sont devenues les visages de différentes organisations de la société civile. Actuellement, ces organisations participent à des discussions politiques ou proposent même des modifications législatives.

Cependant, l’une de nos membres a commenté avoir observé une certaine dose d'égoïsme et d’individualisme, ce qui ne signifie pas nécessairement qu'ils ne sont pas courageux. Les jeunes peuvent contribuer à briser les barrières culturelles à la participation politique des femmes tout en étant sensibilisé et en suscitant leur intérêt pour ce sujet. Par où commencer? Par les écoles et les universités qui peuvent fortement contribuer. Les jeunes doivent comprendre l'importance de la participation politique des femmes comme permettant une répartition équilibrée du pouvoir et contribuant à l’égalité des chances, sinon ce sujet ne sera d’aucun intérêt pour eux.

 

S’il est enseigné aux jeunes l'importance de l'égalité des sexes dans les institutions politiques, leur engagement civique et social à long terme peut combler le fossé entre les hommes et la participation politique des femmes. Mais il est crucial qu'ils tirent des leçons du passé et ne commettent pas les mêmes erreurs. 

 

3)Les préoccupations des femmes sont-elles mieux prises en compte et abordées par les jeunes? Les jeunes sont-ils plus sensibles à la discrimination et la violence à l’égard de la femme?

Encore une fois, le manque d'homogénéité dans ce groupe doit être noté. Il semble que la violence contre les femmes continue dans de nombreuses sociétés, et même parmi les jeunes. Toutefois, un changement notable est le taux de déclaration de ces incidents en particulier chez les jeunes femmes qui sont plus aptes à exprimer leurs craintes et besoins. 

Certains de nos membres déclarent que les préoccupations des femmes ne sont pas nécessairement mieux prises en compte par un groupe en particulier, y compris les jeunes. De plus, du fait que de nombreux jeunes (notamment les jeunes femmes dans les sociétés occidentales) ne sont pas conscients de la discrimination contre les femmes ou de l'histoire des mouvements féministes, ils soutiennent que les  militants pour l'émancipation, la liberté et les droits des femmes sont maintenant trop âgés et que seule une partie négligeable de la jeunesse d’aujourd’hui  est impliquée dans cette lutte. Ce n'est pas que l'ancienne génération n'ait pas réussi à passer le flambeau à la génération suivante, mais plutôt du fait de leurs accomplissements, il existe aujourd’hui une idée fausse que l'émancipation des femmes est un problème réglé  et que les femmes sont égales à tous les niveaux. Cette perception erronée détourne l'attention des jeunes des droits de la femme vers des mobilisations qui ont des impacts plus visibles (par exemple, Occupy Wall Street). C'est regrettable parce que les femmes ne réalisent pas que leurs droits et leurs gains ne doivent pas être pris pour acquis et qu'elles restent sous le contrôle patriarcal. Il se pourrait aussi que les femmes dans de nombreux pays se rendent compte que la lutte pour changer les structures patriarcales en faveur de l'égalité des sexes est ingrate et sans fin. Cela peut tourner leur attention vers les questions avec des sorties et des résultats plus directs. Les jeunes veulent souvent voir le résultat de leurs actions car cela les encourage à continuer à lutter. La lutte pour les droits des femmes n'en fait pas partie.

Nous tenons à remercier sincèrement tous les participants pour leur participation à ce débat.

 

A propos d’iKNOW Politics

Le Réseau International de Connaissances sur les Femmes dans la Politique (www.iKNOWPolitics.org/fr) est un espace de travail en ligne destiné aux élues, candidates, dirigeantes et membres de partis politiques, chercheurs, étudiants et autres praticiens qui travaillent pour le développement de la participation politique des femmes. iKNOW Politics, crée en 2007, est un projet commun de cinq organisations : 

•le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)

•l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU FEMMES)

•l’Institut National Démocratique pour les Affaires Internationales (NDI)

•l'Union interparlementaire (UIP) 

•l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA).

Veuillez visiter le site iKNOW Politics pour poser une question, participer aux discussions en ligne, parcourir la bibliothèque ou  lire des réponses  consolidées de nos experts, des résumés de nos discussions en ligne, des entrevues avec des femmes leaders. Pour contacter iKP ou entrer en contact avec un membre du personnel, veuillez utiliser l’adresse suivante : connect @ iknowpolitics.org. iKNOW Politics est disponible en Arabe, Anglais, Français et Espagnol.

Photos-Julien LaGarde

 
 

 

 

 

Type de ressource
Editeur
iKNOW Politics
Année de publication
2014
The political participation of youth

 

En vue de la première conférence mondiale UIP des jeunes parlementaires, iKNOW Politics a organisé un débat en ligne sur la participation politique des jeunes et leur capacité à contribuer à l’autonomisation des femmes. Nous avons reçu des commentaires de plusieurs pays, dont la Belgique, la Grande-Bretagne, la Bulgarie, l'Ethiopie, Fidji, la France, les États-Unis, la Chine, le Liban, la Malaisie, les Pays-Bas, le Suriname et l’Ouganda. La discussion est toujours en cours et nous serions heureux si vous preniez part!

 

Message de lancement de la discussion:

Les institutions politiques ont traditionnellement été créées et dominées par les hommes qui décident des règles du jeu politique. Bien que ces institutions aient fait d’énormes progrès pour devenir plus accessible aux jeunes et aux femmes, il semble que ces efforts n'aient pas été suffisants pour briser la structure hiérarchique de ces institutions.

 

Dans le nord et le sud, les citoyens parlent de la désillusion croissante à l’égard du gouvernement, celle-ci due à la corruption, le manque de réactivité aux besoins des pauvres et le manque d'un sentiment de connexion avec les élus et les bureaucrates. Avec l’émergence de la société civile et de nouvelles formes de démocratie participative, les citoyens ont forgé de nouvelles voies à la représentation et à l'activisme. Les jeunes ont trouvé un moyen de faire entendre leur voix,  en organisant des mobilisations tels que "Occupy Wall Street", les "Indignados", l’occupation de la place Tahrir et bien d'autres, où les jeunes femmes ont également activement participé.

 

• Ces alternatives, pourraient-elles paver le chemin à une participation accrue des jeunes femmes dans la prise de décision politique?

 

• L’engagement politique des jeunes pourrait-il briser la domination masculine du monde politique?

 

• Les préoccupations des femmes sont-elles mieux prises en compte et abordées par les jeunes? Les jeunes sont-ils plus sensibles à la discrimination et la violence à l’égard de la femme?

 

Vous trouverez ci-dessous un résumé de la discussion. Pour lire tous les commentaires, veuillez cliquer ici.

 

 1)   Ces alternatives, pourraient-elles paver le chemin à une participation accrue des jeunes femmes dans la prise de décision politique? 

Les institutions politiques formelles sont majoritairement dominées par la gente masculine et ne fonctionnent qu’en affichant une certaine bonne volonté, tout en s’assurant que leur pouvoir reste intacte. C'est pour cette raison que la société civile (en particulier les jeunes et les femmes) a adopté d’autres alternatives  pour revendiquer ses droits et demander des solutions durables aux problèmes sociaux, politiques, économiques et culturels.

 

De nombreuses femmes se rendent compte que faire du plaidoyer et du lobbying en dehors des institutions politiques masculines pourrait être un meilleur moyen pour faire entendre leur voix. Certaines femmes politiques abandonnent la politique afin de mieux répondre à ces problèmes en dehors des structures politiques. En effet, lorsque les femmes entrent dans la vie politique, elles font partie d'une certaine structure et culture où elles doivent souvent renoncer à leur activisme et leur esprit de lobbying  afin de suivre les règles  du jeu politique et montrer  leur allégeance aux partis politiques.

 

Avec l’émergence de la société civile et de nouvelles formes de démocratie participative, les citoyens ont forgé de nouvelles voies à la représentation et à l'activisme. Ils sont maintenant en mesure de changer le statu quo imposé par l'élite politique. Ces solutions, cependant, ne sont pas nécessairement destinés à entrer en politique ou à créer un espace pour certains groupes (les femmes, les jeunes, les personnes âgées, les minorités, etc.) et ne demandent pas, sur le long terme, de prendre position sur des questions politiques. Elles sont le plus souvent destinées à la confrontation et le rassemblement d’alliés pour faire avancer des causes spécifiques. Le résultat positif de cet engagement est une prise de conscience accrue de ces questions politiques souvent suivit d’un engagement politique, même s’il ne tombe pas nécessairement dans la structure politique formelle.

 

Cependant, même si  ces alternatives pourraient paver le chemin à une participation accrue des jeunes femmes dans la vie politique (à condition que les femmes soient instruites et économiquement actives), des précautions doivent être prises pour s'assurer que ces méthodes informelles d'engagement se traduisent par une plus grande participation dans la prise de décision politique et à l'élection à des postes politique. Un de nos membres  soutient  dans sa thèse que même si  cette démocratie participative est en augmentation avec l'aide de nouveaux outils et de supports tels que les médias sociaux, les réseaux en ligne, et le plaidoyer en ligne ;  le problème principal semble être que cette participation reste confiné à la "sphère virtuelle". Les institutions politiques ont besoin de personnes sur le terrain pour pouvoir les changer de l'intérieur et non seulement virtuellement. L’activisme sur le terrain combinée avec l'activisme virtuel, créent des réseaux et des communautés importants, qui mèneront  les jeunes et les femmes à faire entendre leur voix, ce qui conduira à un changement.

Un cadre juridique adapté aux jeunes est essentiel pour permettre leur participation politique. Dans un tiers des pays, les lois prévoient un âge d’éligibilité pour siéger au parlement de 25 ans ou plus, créant un décalage entre l’âge légal de majorité et/ou de vote d’une part, et l’âge auquel une personne peut remplir une fonction élective.

Puisque les gouvernements et parlements nationaux peuvent revoir le cadre juridique, ils peuvent envisager :

·          L’alignement de l’âge minimum pour voter et de l’âge minimum pour se présenter aux élections
·          L’introduction de quotas de jeunes et de femmes dans les lois électorales ; et
·         D’identifier et d’éliminer les obstacles légaux spécifiques au contexte empêchant la participation des jeunes, afin par exemple de faciliter l’enregistrement des organisations de jeunes.

Les organisations de la société civile (OSC) et les partis politiques pourraient :

·         Examiner et discuter du cadre juridique pour la participation des jeunes ;
·         Envisager des propositions pour un cadre juridique adapté aux jeunes ; et
·         Faire campagne pour des changements. 


2)  L’engagement politique des jeunes pourrait-il briser la domination masculine du monde politique?

Certes, les assemblées législatives et les partis politiques sont, aux côtés d'autres institutions bureaucratiques, fondées sur le sexe. La configuration des hiérarchies de l'Etat permet aux hommes de gravir les échelons les plus élevés leur permettant ainsi d'exercer  une position d’autorité. De plus, il y a une tendance à l'institutionnalisation d'une certaine forme de masculinité et de la culture masculine associée à la race et à la classe sociale dans les institutions politiques. 

«Les jeunes peuvent –ils briser les barrières socio-culturelles et institutionnelles pour les femmes en politique? » La réponse à cette question est « oui ».

Il est important de noter que les jeunes ne sont pas un groupe homogène. Les différences locales, régionales, culturelles, spirituelles, économiques, etc.,  ne font que réaffirmer leur diversité et comment ils abordent certains problèmes. Tous les jeunes ne sont pas conscients de l'importance de l'inclusion des femmes, et beaucoup d'entre eux sont exposés au stéréotype quand ça vient aux problèmes concernant les femmes  et les questions de justice sociale, de développement et d’inclusion. Ils demeurent  cependant une force motrice majeure pour le changement s'ils sont adéquatement informés et bien sensibilisés.

Selon une étude, les jeunes femmes et les hommes impliqués dans la vie politique avaient déjà été impliqués dans des projets communautaires (Ford, 2002). Ils sont nés dans des familles où leur comportement civique avait été modélisé par leurs parents électeurs. Ainsi, ce groupe de jeunes hommes et femmes  étaient plus aptes à s’inscrire sur les listes électorales à l’inverse de ceux moins impliqués dans des projets communautaires. L’étude montre donc que le mentorat pour les jeunes femmes a un impact positif sur leur intérêt pour la politique ainsi que leur ambition. 

Leur capacité à apporter des changements a été démontrée à maintes reprises tout au long de l'histoire. Les jeunes [hommes et femmes] ont, dans la majorité des sociétés dans le passé [La France pendant la révolution; les colonies américaines lors de l’indépendance de l'Angleterre et La Chine avant l'insurrection communiste] généré et inspiré le changement social et politique. Des exemples plus récents incluent le Printemps Arabes en 2011 et les manifestations civiles en Bulgarie en 2013 qui ont été organisées à Sofia principalement par des jeunes contre la corruption et le lien entre la politique et la mafia. Parmi les leaders de la manifestation, il y avait de nombreuses  jeunes femmes et certaines d'entre elles sont devenues les visages de différentes organisations de la société civile. Actuellement, ces organisations participent à des discussions politiques ou proposent même des modifications législatives.

Cependant, l’une de nos membres a commenté avoir observé une certaine dose d'égoïsme et d’individualisme, ce qui ne signifie pas nécessairement qu'ils ne sont pas courageux. Les jeunes peuvent contribuer à briser les barrières culturelles à la participation politique des femmes tout en étant sensibilisé et en suscitant leur intérêt pour ce sujet. Par où commencer? Par les écoles et les universités qui peuvent fortement contribuer. Les jeunes doivent comprendre l'importance de la participation politique des femmes comme permettant une répartition équilibrée du pouvoir et contribuant à l’égalité des chances, sinon ce sujet ne sera d’aucun intérêt pour eux.

 

S’il est enseigné aux jeunes l'importance de l'égalité des sexes dans les institutions politiques, leur engagement civique et social à long terme peut combler le fossé entre les hommes et la participation politique des femmes. Mais il est crucial qu'ils tirent des leçons du passé et ne commettent pas les mêmes erreurs. 

 

3)Les préoccupations des femmes sont-elles mieux prises en compte et abordées par les jeunes? Les jeunes sont-ils plus sensibles à la discrimination et la violence à l’égard de la femme?

Encore une fois, le manque d'homogénéité dans ce groupe doit être noté. Il semble que la violence contre les femmes continue dans de nombreuses sociétés, et même parmi les jeunes. Toutefois, un changement notable est le taux de déclaration de ces incidents en particulier chez les jeunes femmes qui sont plus aptes à exprimer leurs craintes et besoins. 

Certains de nos membres déclarent que les préoccupations des femmes ne sont pas nécessairement mieux prises en compte par un groupe en particulier, y compris les jeunes. De plus, du fait que de nombreux jeunes (notamment les jeunes femmes dans les sociétés occidentales) ne sont pas conscients de la discrimination contre les femmes ou de l'histoire des mouvements féministes, ils soutiennent que les  militants pour l'émancipation, la liberté et les droits des femmes sont maintenant trop âgés et que seule une partie négligeable de la jeunesse d’aujourd’hui  est impliquée dans cette lutte. Ce n'est pas que l'ancienne génération n'ait pas réussi à passer le flambeau à la génération suivante, mais plutôt du fait de leurs accomplissements, il existe aujourd’hui une idée fausse que l'émancipation des femmes est un problème réglé  et que les femmes sont égales à tous les niveaux. Cette perception erronée détourne l'attention des jeunes des droits de la femme vers des mobilisations qui ont des impacts plus visibles (par exemple, Occupy Wall Street). C'est regrettable parce que les femmes ne réalisent pas que leurs droits et leurs gains ne doivent pas être pris pour acquis et qu'elles restent sous le contrôle patriarcal. Il se pourrait aussi que les femmes dans de nombreux pays se rendent compte que la lutte pour changer les structures patriarcales en faveur de l'égalité des sexes est ingrate et sans fin. Cela peut tourner leur attention vers les questions avec des sorties et des résultats plus directs. Les jeunes veulent souvent voir le résultat de leurs actions car cela les encourage à continuer à lutter. La lutte pour les droits des femmes n'en fait pas partie.

Nous tenons à remercier sincèrement tous les participants pour leur participation à ce débat.

 

A propos d’iKNOW Politics

Le Réseau International de Connaissances sur les Femmes dans la Politique (www.iKNOWPolitics.org/fr) est un espace de travail en ligne destiné aux élues, candidates, dirigeantes et membres de partis politiques, chercheurs, étudiants et autres praticiens qui travaillent pour le développement de la participation politique des femmes. iKNOW Politics, crée en 2007, est un projet commun de cinq organisations : 

•le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)

•l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU FEMMES)

•l’Institut National Démocratique pour les Affaires Internationales (NDI)

•l'Union interparlementaire (UIP) 

•l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA).

Veuillez visiter le site iKNOW Politics pour poser une question, participer aux discussions en ligne, parcourir la bibliothèque ou  lire des réponses  consolidées de nos experts, des résumés de nos discussions en ligne, des entrevues avec des femmes leaders. Pour contacter iKP ou entrer en contact avec un membre du personnel, veuillez utiliser l’adresse suivante : connect @ iknowpolitics.org. iKNOW Politics est disponible en Arabe, Anglais, Français et Espagnol.

Photos-Julien LaGarde

 
 

 

 

 

Type de ressource
Editeur
iKNOW Politics
Année de publication
2014