Élections
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Le dépôt des candidatures s’est ouvert ce lundi matin pour les élections du 23 septembre. Une nouveauté modifie la physionomie du scrutin : les listes régionales, qui pourvoient 90 des 395 sièges de la Chambre des représentants, sont cette année exclusivement féminines. Les trente sièges jusqu’ici ouverts aux jeunes hommes disparaissent du dispositif.
Les déclarations de candidature aux élections de la Chambre des représentants sont reçues depuis ce lundi 31 août à 8 heures, et jusqu’au mercredi 9 septembre à midi. Les têtes de liste devront en outre accomplir une déclaration électronique sur la plateforme officielle, dans une fenêtre ouverte du 8 septembre à midi au 9 septembre à midi.
L’architecture du scrutin combine deux niveaux. Sur les 395 sièges de la Chambre, 305 sont pourvus dans les circonscriptions locales et 90 au titre de circonscriptions régionales, au nombre de douze, correspondant aux régions du Royaume. L’électeur reçoit deux bulletins distincts, l’un pour la circonscription locale, l’autre pour la circonscription régionale.
Majoritaires dans l’électorat brésilien, les femmes sont cette année absentes des candidatures à la présidence et à la vice-présidence des principaux partis. Dans le même temps, leur droit de vote, acquis en 1932, est remis en cause par des voix de l’extrême droite. Une situation qui amène la presse à questionner l’état de la démocratie brésilienne.
Représentant 53 % du corps électoral brésilien, “les femmes décideront de l’issue de la présidentielle d’octobre. Les candidats le savent, les conseillers politiques le savent, les équipes de campagne le savent. Ils le savent, mais cela n’a aucune importance”, ironise la chroniqueuse brésilienne Eliane Brum dans les colonnes d’El País América.
Tandis que les formations politiques arborent le slogan de la parité et de l'accès des femmes aux centres de décision, les observateurs soulignent que ces engagements ne se traduisent pas au niveau des candidatures effectives.
Dans ce contexte, on constate que plusieurs organisations politiques appréhendent encore la représentation féminine sous l'angle des "listes garanties" plutôt que d'encourager la compétition dans les circonscriptions locales. Elles ont ainsi tendance à présenter des femmes sur les listes régionales, en privilégiant parfois des personnalités médiatiques, artistiques ou publiques au détriment de la formation et de la qualification d'élites féminines partisanes capables de mener les batailles électorales locales.
Du quota aux listes régionales
Le système électoral a connu ces dernières années d'importantes réformes visant à renforcer la présence des femmes à la Chambre des représentants. Parmi les plus marquantes figure la suppression de la circonscription électorale nationale, remplacée par des circonscriptions régionales. En vertu de la loi organique n° 04.21 modifiant et complétant la loi organique n° 27.11 relative à la Chambre des représentants, les listes des candidatures régionales sont désormais tenues de comporter un nombre de candidates d'au moins deux tiers des sièges réservés à chaque circonscription régionale, la première et la deuxième place de chaque liste étant exclusivement réservées aux femmes.
L'élan politique pour la parité femmes-hommes en France s'est essoufflé, selon la chercheuse Sandrine Lévêque de Sciences Po-Lille. Malgré des progrès dans la représentation des femmes au sein des conseils municipaux, départementaux et régionaux, les récentes élections municipales révèlent un recul préoccupant : le nombre de femmes à la tête de grandes villes diminue.
Sandrine Lévêque, co-autrice de l'ouvrage « Femmes en politique » publié en 2006, constate que seulement 25% des candidats en tête de liste étaient des femmes lors des dernières élections municipales, contre 75% d'hommes. Le nombre de femmes élues maires n'a progressé que d'un peu plus d'un point par rapport à 2020.
La chercheuse souligne l'absence totale de débat sur cette question durant la campagne : « Ce qui a été particulièrement frappant hier c'est que personne n'a évoqué cette question de la parité. L'intérêt qu'on avait pu voir lors des législatives de 2017 puis des municipales de 2020 s'est émoussé, le soufflé est retombé. Or dans les faits, la parité politique n'est absolument pas une question réglée. »
Un plafond de verre persistant
Le recul touche particulièrement les villes de plus de 100.000 habitants, où le nombre de femmes maires a diminué. Sandrine Lévêque pointe un phénomène d'auto-exclusion lié à la violence du monde politique : « Il y a encore et toujours ce plafond de verre qui est très difficile à franchir. Il y a une part d'auto-exclusion des femmes qui savent que cela demeure extrêmement difficile et coûteux d'entrer en politique qui reste un monde très violent à leur encontre. »
Paradoxalement, la parité a été atteinte dans les instances délibératives : les femmes occupent désormais 50% des sièges dans les conseils municipaux, départementaux et régionaux. Mais l'accès aux postes de direction reste un obstacle majeur.
En 2025, le Maroc a achevé une réforme majeure de son code électoral, validée par la Cour constitutionnelle en décembre, à l’approche des échéances législatives de septembre 2026. Cette refonte vise à renforcer la transparence et l’intégrité du processus démocratique, tout en plaçant la promotion de la participation politique des femmes au cœur de ses priorités.
L’architecture de la réforme du code électoral de 2025 s’articule autour de trois textes législatifs fondamentaux : la loi organique n° 53.25, modifiant la législation relative à la Chambre des Représentants ; la loi organique n° 54.25, régissant les partis politiques ; et la loi n° 55.25, afférente aux listes électorales générales et aux référendums. Ces instruments juridiques concourent à une modernisation holistique du processus électoral, englobant l’intégralité de son spectre, depuis l’enregistrement des suffragants jusqu’à la proclamation des résultats, en passant par le financement des campagnes et l’impératif de moralisation de la vie publique.
Un des piliers cardinaux de cette réforme réside dans le renforcement des dispositifs de moralisation. Des stipulations rigoureuses ont été introduites afin d’élargir le catalogue des infractions entraînant la privation du droit de vote et d’aggraver les sanctions pénales en cas de fraude avérée, d’acquisition illicite de suffrages ou de propagation d’informations fallacieuses. Cette détermination à assainir le champ politique est perçue comme un facteur propice à l’émergence de profils d’une intégrité irréprochable, y compris féminins, lesquels pourraient être entravés par des pratiques clientélistes ou des phénomènes de corruption.
À l’approche des législatives du 23 septembre prochain, la question de la participation politique des femmes se retrouve de nouveau au cœur des débats au Maroc, entre reconnaissance des avancées enregistrées et prise de conscience des limites persistantes. Invitée par la Fondation Lafqui Titouani à Rabat, la ministre la ministre de la Solidarité, de l’inclusion sociale et de la famille, Naïma Benyahia, a été interpellée par «Le Matin» sur les défis et les perspectives de la participation féminine dans la sphère politique. Sa lecture de la situation était à la fois lucide et nuancée. Pour elle, la réalité actuelle exige de porter un regard objectif, sachant que des progrès graduels sont en cours dans ce domaine. «Certains peuvent estimer que nous sommes en retard, mais dans tous les domaines, il est essentiel de prendre le temps nécessaire pour éviter toute confrontation avec la société», explique la ministre. Une approche, précise la ministre, qui reste guidée par un impératif de stabilité et de cohésion sociale.
Sur le plan des chiffres, la ministre note que la représentation féminine au Parlement reste en deçà du tiers, tandis que le gouvernement compte 22% de femmes, un taux proche de la moyenne mondiale estimée à 23%. Mais pour la ministre, l’essentiel est ailleurs : «Ce qui m’importe réellement, c’est la défense de la participation des femmes en politique, et non la femme en tant que catégorie isolée». Une vision qui met en avant la complémentarité entre femmes et hommes, ces derniers étant également appelés à jouer un rôle actif dans la promotion de l’égalité. «Tant que la participation des femmes sera perçue comme une question exclusivement féminine, le progrès restera limité. À l’inverse, un engagement accru des hommes – affranchi de toute logique de rivalité – ouvrirait la voie à une dynamique collective, dans laquelle femmes et hommes marocains agissent de concert, portés par une même finalité : servir le citoyen et la citoyenne», note la ministre.