Plaidoyer et lobbying
À 300 kilomètres du cercle arctique, la ville suédoise d'Umeå fait figure de modèle. Depuis les années 1970, cette commune intègre l'égalité entre les femmes et les hommes dans toutes ses politiques publiques, de l'aménagement urbain aux loisirs, en passant par le logement.
"Ma revendication en tant que femme, c'est que ma différence soit prise en compte, que je ne sois pas contrainte de m'adapter au modèle masculin". Ces mots, prononcés en 1975 par la première présidente du Parlement européen, Simone Veil, trouvent un écho particulier dans une ville située au nord de la Suède, à 300 kilomètres du cercle arctique. Son nom : Umeå (prononcez oo-may-yoh).
Présentée comme un "véritable laboratoire du féminisme", cette municipalité sociale-démocrate de 130 000 habitants mène depuis plusieurs décennies une politique ambitieuse en matière d'égalité des sexes. De l'aménagement urbain à la sécurité, toutes les décisions sont passées au crible pour que les préoccupations de chacun soient prises en compte.
"Nous ne nous désignons pas nous-mêmes comme une ville modèle, ce sont les autres qui nous le disent. Mais dans le contexte suédois et européen, Umeå se distingue par un engagement de longue date en faveur de l'égalité des genres, mené de façon systématique et stratégique", exprime Annika Dalén, chargée de l'égalité entre les genres pour la commune. Selon elle, "l'expérience accumulée dans ce domaine permet à la ville d'avoir des bonnes pratiques à partager. L'égalité n'est pas une recette universelle, elle doit s'adapter localement. C'est vital non seulement pour les droits humains, mais aussi pour développer une ville attractive où les gens veulent vivre". "Il est tellement rassurant de vivre ici en tant que femme. On se sent en sécurité", souligne une résidente dans un sujet diffusé par la télévision nationale.
Dans un contexte où la participation des femmes en politique demeure un enjeu crucial pour la démocratie en Afrique, Kigali a ouvert ses portes à l'Académie africaine pour le leadership politique des femmes. Cette initiative, soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l'Union africaine, vise à former et à autonomiser les femmes leaders sur le continent.
Le lancement de cette académie a eu lieu le 5 août 2026, rassemblant une cinquantaine de participantes issues de plusieurs pays africains. Elles suivront un programme hybride de quatre semaines qui combine enseignements structurés, mentorat et échanges entre pairs. L'objectif est clair : renforcer les capacités des femmes à assumer des rôles décisionnels au sein de leurs pays respectifs.
La nécessité d'une telle académie se fait sentir dans un contexte où les femmes représentent seulement 25 % du personnel électoral en Afrique, selon une étude menée par l'Union africaine. Cette sous-représentation soulève des questions sur l'efficacité et la représentativité des systèmes politiques actuels. Les pays qui ont intégré davantage de femmes dans leurs instances décisionnelles, comme le Rwanda, montrent que la parité peut avoir un impact positif sur les politiques publiques.
La République démocratique du Congo a officiellement lancé, mardi à Kinshasa, la Quinzaine de la Journée internationale de la Femme africaine (JIFA 2026), une série d'activités consacrées à la promotion du leadership féminin, à l'autonomisation économique des femmes et à la lutte contre les violences basées sur le genre.
La cérémonie d'ouverture s'est tenue à l'espace Ave Maria, dans la commune de Kasa-Vubu, sous l'initiative du ministère du Genre, Famille et Enfant.
Plus de 500 participantes ont pris part à cet événement, parmi lesquelles des représentantes d'organisations de la société civile, des étudiantes, des femmes leaders, des veuves, des anciennes ministres ainsi que plusieurs personnalités politiques et administratives.
Deux thèmes au cœur de l'édition 2026
Cette édition est organisée autour du thème international : « Lutte contre les violences basées sur le genre par l'autonomisation économique de la femme », tandis que le thème national est consacré à « Faire du leadership de la femme africaine un héritage intergénérationnel ».
À travers ces orientations, le gouvernement entend promouvoir des réponses durables aux inégalités persistantes en renforçant les capacités économiques des femmes et leur participation aux instances de décision.
Quel est l’un des pires endroits au monde pour une femme ? L’Afghanistan.
C’est ce que la plupart des gens pensent lorsqu’on aborde la question de la crise des droits des femmes sous le régime des talibans. Mais cela ne reflète qu’une partie de la réalité.
En mettant l’accent sur le mot « droits », on occulte un aspect bien plus grave : la manière dont les gens vivent au quotidien dans ce pays. Ce qui se passe actuellement en Afghanistan n’est pas seulement une crise des droits des femmes, mais une véritable catastrophe humanitaire.
Cela a des répercussions sur l’accès aux soins de santé, à l’éducation, aux systèmes alimentaires et aux aides de base, et remet en question la capacité de ces systèmes à fonctionner lorsque la moitié de la population en est exclue. Les femmes n’ayant qu’un accès limité à l’emploi et aux services, la vulnérabilité économique et sociale des ménages s’en trouve grandement aggravée.
Les talibans ont progressivement écarté les femmes des espaces publics, notamment du monde du travail, des soins de santé et de l’éducation. À titre d’exemple, des travailleuses du secteur de la santé ont récemment été bloquées aux portes d’un bureau des Nations unies et se sont vu refuser l’accès aux locaux par les autorités talibanes.
Le régime actuel met en place un système qui détermine qui a le droit d’exister, de fournir de l’aide ou d’en recevoir.
La situation en Afghanistan ne se limite pas à la discrimination fondée sur le genre, il s’agit de l’exclusion totale d’un genre des systèmes publics. La dure réalité des femmes afghanes est moins un problème social qu’une crise structurelle qui influence les institutions et la vie quotidienne.
Le Rubicon : En 2025, la Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG) a célébré le 50e anniversaire de son indépendance vis-à-vis de l’Australie. La PNG est de loin le plus grand État insulaire du Pacifique et compte entre 11 et 17 millions d’habitants selon les estimations, ce qui contribue à sa riche diversité. Quel type d’État a vu le jour au cours des cinq dernières décennies ?
Mercy Masta : En 50 ans, la Papouasie-Nouvelle-Guinée s’est imposée comme un État fragmenté mais remarquablement résilient. Le pays se caractérise par une extraordinaire diversité culturelle, avec plus de 800 langues et des centaines d’identités culturelles et claniques distinctes. Plutôt que d’évoluer vers un État-nation hautement centralisé, la PNG s’est développée comme un État pluriel, presque hybride, où les institutions gouvernementales officielles coexistent avec des systèmes d’autorité coutumiers, des réseaux de parenté et des structures claniques.
La nature décentralisée de la gouvernance a d’ailleurs permis aux communautés locales de conserver leur autonomie culturelle et de préserver les systèmes traditionnels, notamment dans la prise de décision. Des réformes comme les politiques de décentralisation de 1995 ont donné aux 22 provinces une plus grande responsabilité en matière de développement local. Néanmoins, elles ont également mis en évidence les inégalités entre ces dernièresw au niveau des infrastructures, de l’accès aux soins, de l’éducation et des prestations de services. Dans de nombreuses régions, les figures d’autorité locales (ndlr : on parle de modèle du « Big Man »), les chefs et les meneurs de clans continuent d’exercer une influence significative sur le règlement des différends, les négociations foncières et l’autorité politique, jouissant souvent d’une plus grande légitimité au sein des communautés que les institutions étatiques !
Le club des étudiants en sciences politiques de l’Université de N’Djamena a organisé, ce 28 mars, une conférence-débat sur le campus universitaire Ardep-Djoumal. Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de réflexion et d’échanges sur la participation des femmes à la vie publique et politique au Tchad.
Placée sous le thème « La place de la femme tchadienne sur la scène politique », cette rencontre visait à sensibiliser les étudiants et l’opinion publique sur l’importance de l’implication des femmes dans les processus décisionnels. Elle avait également pour objectif d’encourager l’engagement des jeunes filles dans la sphère politique et de promouvoir l’égalité des chances dans la gouvernance publique.
Selon les organisateurs, la femme tchadienne joue un rôle essentiel dans la société, bien au-delà des responsabilités traditionnelles qui lui sont souvent assignées. « Une femme ne doit pas se limiter à la cuisine ni au champ. Elle joue un rôle de médiatrice lors des conflits, aussi bien au sein des familles que dans la communauté », a déclaré Nodjimadji Tatiana, chargée des affaires féminines des étudiants de la faculté.
Poursuivant son intervention, elle a insisté sur la nécessité d’une prise de conscience collective pour favoriser le développement du pays : « Nous devons réfléchir comme des Tchadiens. Le développement du pays dépend également de la présence des femmes dans les instances de décision. »