Aller au contenu principal

Parlements et élus

Nul ne peut rester de glace en regardant Un renversement, documentaire percutant d’Amélie Hardy, jeune réalisatrice qui s’est penchée sur les inégalités et les barrières invisibles qui persistent pour les femmes en politique. Un film qui ne pouvait mieux tomber.

Car s’il est une chose qui surprend bien des femmes, en ce moment, ce sont les nombreux reculs qu’encaisse la condition féminine au Québec et ailleurs.

La montée des discours masculinistes y contribue, évidemment, mais aussi la violence sur les réseaux sociaux.

Si bien qu’un parti politique comme le PCQ d’Éric Duhaime n’a pas honte de proposer de payer les femmes pour rester à la maison avec les enfants plutôt que de chercher à améliorer l’accès aux services de garde au Québec.

Car c’est documenté, ce sont elles qui le font surtout, en l’absence de ce service.

Que le PCQ se permet de présenter un candidat antiavortement, qui s’est retiré cette semaine après la publication d’un article dans nos pages exposant la situation. Ou un expert des insultes comme l’animateur de radio Dominique Dumas ?

Article.

La «tazkiya» n’en finit pas de susciter la controverse à chaque échéance électorale. Cette fois, ce sont surtout des voix féminines qui expriment leur mécontentement face aux conditions qui lieraient l’octroi des investitures électorales à la capacité financière, à l’influence ou à la loyauté personnelle des candidates. Pour l’Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM), de telles pratiques constituent une forme de «violence politique» et de «discrimination à l’égard des femmes», alors que ces dernières sont déjà confrontées à des inégalités structurelles dans l’accès aux ressources, au pouvoir et aux réseaux d’influence. Dans un communiqué au ton ferme, daté du 30 août 2026, l’Association alerte ainsi contre ce qu’elle qualifie de «monétisation» de la participation politique des femmes à l’approche des élections législatives.

Selon Khadija Rebbah, membre fondatrice de l’Association, l’élément déclencheur réside dans les plaintes et les témoignages reçus de plusieurs femmes souhaitant se porter candidates, parmi lesquelles figurent des dirigeantes de premier plan au sein de leurs partis. Certaines auraient vu leur candidature refusée ou conditionnée à leur capacité à apporter une contribution financière. Les exigences rapportées ne concerneraient pas uniquement le financement de leur propre campagne. Il leur aurait été également demandé de contribuer à celle de leur parti, voire de financer d’autres candidats, notamment des hommes, affirme la militante. L’ADFM, précise Mme Rebbah, a recueilli ces informations par différents canaux : plaintes adressées directement à l’Association, appels téléphoniques, témoignages, rapports et publications sur les réseaux sociaux.

Article.

Introduction.

Instituée pour corriger un déséquilibre historique dans la représentation parlementaire, la discrimination positive en faveur des femmes et des jeunes constitue l’une des réformes politiques majeures du Maroc post-2011. Pourtant, à l’épreuve des faits, le dispositif légal a souvent produit l’inverse de son objectif affiché : là où le législateur voyait un levier de mérite et de renouvellement, la pratique a parfois installé un nouveau rouage de la rente politique et des loyautés familiales. Pour comprendre ce décalage, il est éclairant de confronter l’expérience marocaine à d’autres trajectoires, qu’elles soient exemplaires ou fragiles.

Article.

Ces mécanismes diffèrent d'un pays à l'autre : quelques-uns imposent un quota minimal de femmes sur les listes électorales, d'autres octroient des places féminines au Parlement. C'est le cas, par exemple, au Tchad et au Sénégal.

L'exemple du Sénégal

Au Sénégal, la loi sur la parité, mise en place en 2010, exige une alternance de genres sur les listes électorales pour plusieurs types d'élections. Cette mesure a favorisé la présence des femmes à l'Assemblée nationale et au sein des collectivités locales.  

Cependant, cette loi n'impose pas la parité au sein du gouvernement. La nomination des ministres relève du seul ressort du président de la République, sur proposition du Premier ministre.  La représentation féminine au sein du gouvernement est donc subordonnée à la décision politique du chef de l'Etat.

Article.

Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont adopté une déclaration engageant les États membres à œuvrer progressivement vers l’atteinte de la parité de genre complète dans les postes politiques élus dans la région d’ici 2035.

La déclaration, adoptée lors du Sommet spécial de la CEDEAO sur l’avenir de l’intégration régionale tenu le 19 juillet 2026 à Freetown, Sierra Leone, faisait partie des initiatives d’héritage du 50e anniversaire du bloc régional et vise à renforcer la participation des femmes à la gouvernance et à la prise de décision.

Les dirigeants ont réaffirmé leur engagement en faveur de la démocratie, des droits de l’homme et de l’égalité des sexes, citant les instruments juridiques régionaux et internationaux existants, notamment la politique de genre de la CEDEAO, le Protocole complémentaire sur la démocratie et la bonne gouvernance, le Protocole de Maputo, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) et les Objectifs de développement durable des Nations Unies.

La déclaration reconnaît les progrès réalisés par plusieurs États membres dans l’expansion de l’éducation des filles, la promotion des femmes à des postes de direction et l’adoption de quotas de genre et de réformes électorales. Cependant, il note que les femmes restent significativement sous-représentées dans les législateurs, les postes ministériels et les hauts postes exécutifs à travers la région.

Article.

Une étude suisse révèle que les parlementaires – hommes comme femmes – sont davantage marqués par les clichés de genre que la population en général. Ce constat surprenant interroge sur l'influence de ces stéréotypes sur l'action politique, analyse dans Forum la professeure de sciences politiques Anke Tresch, co-auteure de la recherche.

Empathiques, médiatrices, compétentes sur les questions d'égalité et de politique sociale pour les femmes; affirmés, ambitieux et experts sur les sujets de sécurité, de défense et d'économie pour les hommes: les stéréotypes de genre ont la vie dure en politique. Et contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce sont les élues et élus eux-mêmes qui en sont le plus imprégnés, davantage que les simples citoyennes et citoyens.

C'est ce que révèle une étude suisse inédite qu'a coréalisé Anke Tresch, professeure de sciences politiques à l’Institut d’études politiques de l’Université de Lausanne et cheffe du groupe "Enquêtes politiques" au Centre suisse d’expertise en sciences sociales.

Article.

La présente publication, Combattre la violence contre les femmes en politique : réponses institutionnelles et bonnes pratiques parlementaires vise à mettre en lumière la façon dont les parlements répondent à la violence sexiste en leur sein et à fournir des conseils pratiques sur les mesures à prendre.

Elle poursuit trois objectifs principaux. Premièrement, elle vise à identifier et à classer les principaux types de réponses institutionnelles que les parlements ont conçues pour contrer la violence que subissent les femmes dans les milieux parlementaires. Deuxièmement, elle documente un éventail de bonnes pratiques tirées de différents contextes régionaux et politiques, illustrant comment ces mesures ont été mises en oeuvre dans la pratique. Troisièmement, elle vise à fournir des recommandations concrètes pour aider les parlements, les praticiens et les partenaires de développement à renforcer les cadres, les politiques et les pratiques institutionnels, afin qu’ils soient plus à même de prévenir et de combattre la violence à l’encontre des femmes en politique.

Article.

Les femmes continuent d’être largement sous-représentées parmi les candidats aux postes de maire et de conseiller municipal. Leur présence a augmenté très faiblement par rapport aux dernières élections et chute même dans certaines villes, ce qui fait craindre d’importants reculs dans l’avenir.

« C’est la plus légère augmentation qu’on a jamais eue depuis 2005 », lance en entrevue la directrice générale du Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD), Esther Lapointe. « C’est très malheureux, ce qui se passe en ce moment, et surtout, c’est très mauvais pour la démocratie. On n’a même pas atteint la parité qu’on est déjà en train de reculer. »

Quand elles sont candidates, les femmes sollicitent surtout des postes de conseillère municipale. Elles représentent en effet 38 % de ces candidatures.

Mais elles sont encore moins nombreuses à briguer la mairie : une femme est dans la course dans une ville sur quatre seulement.

Article complet.

La politique en faveur des droits des femmes s'est imposée, en France, comme une politique de l'égalité entre les sexes. Il ne s'agit pas de reconnaître des droits spécifiques aux femmes mais, au contraire, de mettre fin aux discriminations dont elles sont victimes.

État des lieux

C’est en 1974 qu’est créé le premier secrétariat d’État à la condition féminine. Sa titulaire, Françoise Giroud, définit ainsi sa mission : les femmes sont une catégorie à part et ce qu’il faut arriver à faire justement, c’est qu’elles cessent de l’être. Après une période au ton plus militant symbolisée par le ministère des droits des femmes dirigé par Yvette Roudy, la politique d'égalité s'impose et, à partir des années 2000, la terminologie officielle consacre cette tendance. L'administration en charge de promouvoir les droits des femmes devient le service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

En 2025, de nombreuses inégalités entre les deux sexes persistent. Ainsi, en matière d’égalité professionnelle, la situation des femmes sur le marché du travail reste plus fragile que celle des hommes. En ce qui concerne la parité politique, les élections législatives de juin 2017 ont certes vu le nombre de femmes élues battre un record avec 224 députées, soit 38,8% des 577 sièges de l'Assemblée nationale, mais, le nombre de femmes est en recul lors des scrutin de juin 2022 et de juin-juillet 2024. Au niveau communal, seulement un maire sur cinq est une femme (chiffre pour 2020). Enfin, les actes de violences contre les femmes, en augmentation année après année, constituent la manifestation la plus aiguë de l’inégalité homme-femme. Ces actes sont réprimés de plus en plus sévèrement en France. Avec le procès de Mazan à l'automne 2024, le débat sur le viol et sa définition juridique a pris de l'ampleur.

Lisez ici l'article complet publié par Vie Publique le 3 mars 2025.

Image de Vie Publique

 

De retour à la demande générale, le Baromètre Afrique 2024 sur la PPF lance un avertissement sévère mais apporte également de nouvelles perspectives fraîches. Avec une représentation de femmes au Parlement qui n'a augmenté que d'un point de pourcentage depuis le Baromètre de 2021, il faudrait attendre jusqu'à l'an 2100 - à ce rythme - pour que la parité hommes-femmes soit une réalité. Mais 41 pays africains ont désormais une forme de quota au niveau local ou national. L'Afrique abrite le leader mondial en termes de PPF (le Rwanda, avec 61 % de femmes au Parlement), mais aussi le pays qui se classe dernier en la matière, (le Nigeria avec 4 %). Ce Baromètre coïncide avec les consultations sur la recommandation Générale 40 (RG 40) de la Convention sur l'élimination de toutes les forms de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW/CEDEF), qui innove en faisant de 50 % (et non de 30 %) la nouvelle norme pour la PPF. La RG 40 va également «au-delà des chiffres» de manière sérieuse, en mettant au défi les gouvernements de considérer les mesures qui peuvent promouvoir la diversité, l'inclusion, la justice climatique, l'intelligence artificielle (IA) et une véritable participation politique des femmes. Pour l'Afrique, l'avenir est jeune et il est féminin !

Cliquez ici pour lire et télécharger le Baromètre 2024 sur la participation politique des femmes en Afrique.

 

La finance verte, avec ses outils comme les green bonds, fait partie de l’arsenal existant pour relever les défis climatiques et économiques actuels. Devant ses limites néanmoins et pour aller plus loin, un élément mériterait davantage d’attention selon une étude que nous avons menée récemment : la place des femmes dans les instances législatives. De précédents travaux montrent que les femmes en politique tendent à favoriser les orientations axées sur la durabilité et le bien-être collectif, influençant directement les choix en matière d’écologie et d’économie verte.

En couvrant des régions géographiquement et culturellement diverses, notre analyse, portant sur 47 pays entre 2007 et 2022, révèle des tendances communes qui transcendent les frontières. Là où les femmes occupent une part importante des sièges parlementaires, les politiques environnementales s’avèrent souvent plus ambitieuses et tournées vers le long terme. À l’inverse, dans les contextes où la participation féminine au parlement reste faible, les initiatives de finance verte peinent à se concrétiser.

En Norvège, où la représentation féminine est forte, des lois strictes sur la réduction des émissions et la préservation des ressources naturelles ont été mises en place. Aux Philippines, ce sont des femmes parlementaires qui ont soutenu la restauration de 38 000 hectares de mangroves, un écosystème clé pour réduire l’érosion côtière et atténuer les impacts des typhons. En France, la montée en puissance des femmes dans les instances politiques a coïncidé avec l’élaboration dinitiatives visant la neutralité carbone d’ici à 2050.

Lisez ici l'article complet publié par The Conversation le 30 décembre 2024.

Source image: The Conversation

 

Bien que des progrès aient été réalisés pour remédier à la marginalisation des femmes africaines dans les rôles de leadership et de gouvernance, ils ont été graduels et inégaux depuis 1995. Selon le premier Baromètre sur la Participation Politique des Femmes en Afrique 2021 (PPF), les femmes représentent 24 % des 12 113 parlementaires en Afrique, 25 % dans les Chambres basses et 20 % dans les Chambres hautes du Parlement. Alors que les collectivités locales/administrations régionales sont souvent considérées comme le terrain d'entraînement pour les femmes en politique, elles ne constituent que 21 % des conseillères dans 19 pays pour lesquels des données ont pu être recueillies.

La marginalisation des femmes en Afrique et dans le reste du monde

Les femmes ont longtemps été sous-représentées en politique. L'Afrique et le reste du monde sont encore loin d'avoir 50% de représentation féminine en politique, et à tous les niveaux du gouvernement. La représentation des femmes au Parlement en Afrique était de 24 % en 2021. Certaines des principales causes de ces faibles statistiques incluent un manque de volonté politique, des systèmes électoraux limités, un sexisme fermement ancré, des obstacles culturels, traditionnels et religieux etc.

Dans le même temps, plusieurs outils, lois et politiques existant en Afrique promeuvent une participation équitable et efficace des femmes en politique. Les progrès ont été réalisés au fil des décennies pour que les femmes soient traitées sur le même pied d'égalité, et l'optimisme persiste selon lequel la participation politique des femmes atteindra, voire dépassera le seuil de 50 % un jour. En Afrique, il existe des cas particuliers comme le Rwanda, qui compte plus de 60 % de femmes au Parlement, et le Nigéria, qui n’en compte que 6 %. Selon le Baromètre PPF 2021, nous avons encore un long chemin à parcourir, avec seulement 24% des parlementaires étant des femmes. Si les mentalités changent, les cadres législatifs et institutionnels n'évoluent pas au même rythme.

Cliquez ici pour lire l'article complet publié par Alwihda Info le 18 août 2024.

Source image: Alwihda Info