Parlements et élus
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À l'ouverture de la conférence annuelle de la Commission pour l'égalité de genre, le Secrétaire Général adjoint du Conseil de l'Europe, Bjørn Berge, a souligné que « seulement 27 pays dans le monde ont une femme à la tête de l'État ou du gouvernement, et 103 pays n'ont jamais placé de femme au sommet de leur exécutif. Et même lorsque des femmes occupent des fonctions ministérielles, a poursuivi le Secrétaire Général adjoint, elles sont pour la plupart tenues à l'écart des portefeuilles stratégiques tels que la défense, les affaires étrangères ou les finances. Non seulement il n'y a pas eu de progrès, mais on constate même une régression en matière d'égalité entre les hommes et les femmes. »
Bien que des progrès aient été réalisés en matière d'égalité de genre, les femmes en politique continuent d'être victimes de harcèlement, d'exclusion et de violence à un niveau disproportionné. Les quotas et les lois de lutte contre la discrimination ont certes contribué à accroître la représentation des femmes dans la vie publique, mais des problèmes persistent. Le sexisme et la violence, tant en ligne que hors ligne, demeurent des facteurs qui dissuadent les femmes de se lancer en politique ou de continuer à y exercer leurs fonctions. Ces menaces non seulement constituent une violation des droits humains, mais elles sapent aussi les fondements de la gouvernance démocratique.
« Les progrès technologiques et l'intelligence artificielle conduisent à une hausse exponentielle des actes d'intimidation, d'humiliation et de désinformation envers les femmes, a poursuivi le Secrétaire Général adjoint. Il ne s'agit plus de chuchotements dans les couloirs, mais de vidéos ou de photos manipulées artificiellement, qui deviennent virales en quelques secondes. Nous ne pouvons pas affirmer que nous vivons dans une véritable démocratie si la moitié de la population ne bénéficie pas d'un accès égal à la vie publique, subit des violences ou est réduite au silence ».
Une séance parlementaire qui devait se concentrer sur la réforme de l’audiovisuel s’est transformée en confrontation personnelle et sociale entre la ministre de la Culture et une élue socialiste. L’incident ravive le débat sur les relations entre l’exécutif et le pouvoir législatif, dans un contexte déjà tendu pour la ministre.
Altercation au Palais du Luxembourg : tensions autour des origines sociales
Le 10 juillet dernier, l’hémicycle du Sénat a été témoin d’un échange particulièrement vif entre Rachida Dati et la sénatrice socialiste Marie-Pierre de La Gontrie. Venue présenter sa réforme de l’audiovisuel public, la ministre de la Culture s’est emportée contre l’élue parisienne, lui reprochant des gestes qu’elle a perçus comme irrespectueux.
La tension est rapidement montée lorsque Rachida Dati a interprété certains mouvements de main de la sénatrice comme un signe de dénigrement. La ministre n’a pas hésité à faire référence à ses origines sociales, créant un moment de stupeur dans l’assemblée.
« Un peu de respect madame de La Gontrie. Je ne suis pas fille de sénateur certes, mais le comme ça [signes de réflexion autour de la tête, NDLR], vous vous l’appliquez, vous ne me l’appliquez pas », a lancé la ministre visiblement irritée.
Dans nos sociétés fondées sur l’égalité des chances, les discriminations sont devenues l’expression centrale de l’injustice. Elles nourrissent à la fois la légitimation des inégalités, le sentiment de mépris et la fragmentation des luttes sociales. Quelle pourrait être la forme de la représentation politique de discriminations individuelles ou collectives toujours plus fractionnées ? Extraits d’un article du sociologue François Dubet, paru dans l’ouvrage collectif l’Universalisme dans la tempête (éditions de l’Aube, 2025), sous la direction de Michel Wieviorka et de Régis Meyran.
Depuis quelques décennies et avec une accélération continue, les discriminations sont devenues l’expérience élémentaire des injustices, le sentiment de mépris une des émotions politiques dominantes. Progressivement, la « vieille » question sociale dérivée des inégalités de conditions de travail et des « rapports de production » semble s’effacer devant celle des discriminations subies par les minorités, y compris celles qui sont majoritaires, comme les femmes. En France, comme dans bien des pays comparables, les débats liés à l’égalité des chances et à la reconnaissance des identités l’emportent parfois sur les conflits de redistribution des richesses qui ont eu longtemps une sorte de monopole des conceptions de la justice.
Londres, ce début septembre, vit au rythme d’une fébrilité politique rarement vue depuis l’arrivée au pouvoir du Premier ministre travailliste, Keir Starmer. En 24 heures à peine, il a vu son exécutif vaciller, puis a dû rebattre les cartes dans l’urgence. La démission d’Angela Rayner (45 ans), vice-Première ministre et secrétaire d’Etat au Logement. Elle est une figure de l’aile gauche du Labour. Son retrait a déclenché une tempête politique qui rebat les équilibres d’un gouvernement déjà fragilisé. Le remaniement a permis l’arrivée de Shabana Mahmoud au poste de ministre de l’Intérieur, une première au Royaume-Uni. Elle était déjà ministre de la Justice dans le gouvernement précédent. Juriste de formation, elle est décrite comme une responsable politique « pragmatique » et n’ayant pas de prendre des décisions impopulaires. Elle a toujours refusé d’être définie par ses origines, mais plutôt par ses résultats.
Angela Rayner, populaire et pugnace, s’est retrouvée contrainte de quitter le navire après qu’une erreur fiscale liée à l’achat d’un logement à Hove a été rendue publique. Même Si le conseiller éthique du gouvernement a conclu qu’elle avait agi « de bonne foi », cela n’a pas suffi à calmer la polémique déclenchée par la désormais ex-Vice-Première ministre et secrétaire d’Etat au Logement. Angela Rayner devient ainsi la huitième personnalité à quitter le gouvernement en moins d’un an, affaiblissant un peu plus un exécutif déjà distancé dans les sondages par le parti populiste Reform UK de Nigel Farage.
Une démission qui fragilise Starmer.
Selon la presse italienne, un forum actif depuis 2005 comptait près de 700 000 utilisateurs, sur lequel étaient publiées des photos privées, des photos volées et des deepfakes pornographiques de centaines de femmes, accompagnés de commentaires violents, dégradants et obscènes.
Les femmes visées pouvaient être des anonymes, mais il y avait aussi une catégorie “VIP” avec des personnalités, des actrices, des influenceuses et pas mal de figures de la classe politique, comme par exemple la Première ministre Giorgia Meloni, la créatrice de contenu Chiara Ferragni, la ministre italienne du Tourisme Daniela Santanchè, Alessandra Mussolini, la petite-fille du dictateur fasciste Benito Mussolini, ou encore Valeria Campagna, membre du Parti démocrate.
C’est cette dernière qui a été une des premières à porter plainte, et ce mercredi, elle a publié un message sur Facebook pour alerter sur l’existence de ce forum : “J'ai découvert que certaines de mes photos ont été publiées sans mon consentement. Il ne s'agit pas seulement d'images en maillot de bain, mais aussi de moments de ma vie publique et privée. Aujourd'hui, je suis dégoûtée, en colère, déçue. Mais je ne peux pas me taire. Car cette histoire ne concerne pas que moi. Elle nous concerne toutes. Elle concerne notre droit d'être libres, respectées, de vivre sans peur.”
Une politique publique « en manque de boussole stratégique ». La critique émane des sénateurs du Val-d’Oise Arnaud Bazin (Les Républicains) et Pierre Barros (Communiste républicain citoyen et écologiste-Kanaky), auteurs d’un rapport d’information sur l’évolution des financements de la lutte contre les violences envers les femmes, présenté à la presse jeudi 3 juillet. Les deux parlementaires, membres de la commission des finances, ont passé en revue les moyens financiers et humains alloués à cette « grande cause nationale » entre 2020 et 2024 ainsi que leur déploiement.
Ils s’appuient notamment sur un récent rapport de la Cour des comptes et sur l’expertise des associations, opératrices de cette politique publique. Le bilan qu’ils dressent est mitigé. « Malgré une augmentation des financements, leur performance est insuffisamment évaluée ; l’administration n’a pas encore acquis les moyens humains nécessaires à un pilotage satisfaisant de sa politique ; quant aux associations, elles sont toujours fragilisées », écrivent-ils.
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