Élections
Dix ans après le début de la grave crise politique qui a vu le projet démocratique s’effondrer, le Burundi entre dans une période électorale importante : élections législatives et communales le 5 juin 2025, puis sénatoriales le 23 juillet, et enfin collinaires le 25 août. Or, la question de la représentativité politique des femmes y apparaît comme un défi majeur.
Notre partenaire Tournons La Page international a participé à la rédaction d’un rapport faisant l’état des lieux de la participation politique des femmes au Burundi. Co-écrit avec le collectif Tournons La Page Burundi, ”Citoyennes, militantes, élues … mais invisibles !” analyse de manière transparente les multiples freins à leur émancipation politique : faible autonomie, poids des partis politiques, pressions culturelles et violences liées à l’engagement politique. Nous vous partageons ses principaux enseignements.
Lexique :
-
Élections communales : élection des conseillers communaux ou des maires
-
Élections collinaires : élection des chefs de collines, en charge des décisions concernant les communautés locales à plus petite échelle
Comme le souligne le rapport de Tournons La Page, les femmes, bien qu’actives dans la société civile, peinent à s’imposer dans les sphères politiques de haut niveau, où elles sont encore sous-représentées.
A l’heure actuelle, les femmes occupent seulement 33% des postes de ministre. C’est encore moins dans les administrations provinciales.
Beaucoup des obstacles à la participation politique des femmes sont liés à des enjeux socio-culturels plus profonds. Le manque de soutien institutionnel ou les normes patriarcales invisibilisant les femmes dans les processus décisionnels en font par exemple partie.
Article complet publié par Terre Solidaire.
Source image : Terre Solidaire/Photos : Patrick Piro
Désormais, la loi impose une parité totale entre hommes et femmes sur les listes des candidats aux élections municipales pour les communes de moins de 1 000 habitants. Cette mesure s'appliquera dès le prochain scrutin de 2026.
Le Parlement a validé l’instauration du scrutin de liste paritaire dès 2026 dans les communes de moins de 1.000 habitants. Soutenue par les maires ruraux, la réforme vise une meilleure représentation des femmes dans l’arène politique. Malgré une séance mouvementée à l’Assemblée nationale, les députés ont définitivement validé la proposition de loi imposant ce scrutin de liste paritaire.
Jusqu’alors réservée au communes plus peuplées
L’extension de ce mode de scrutin (jusqu’alors réservé aux communes plus peuplées) vise à améliorer la représentation des femmes notamment dans les conseils municipaux. « La parité ne doit pas s’arrêter aux portes des grandes villes », a rappelé la rapporteure du texte, Delphine Lingemann (MoDem).
A deux doigt du report en 2032
Cette avancée a bien failli être reportée à 2032. Des amendements communs de la droite et des communistes invoquaient en effet un manque de préparation. « Personnellement, je suis très favorable à cette mesure qui va permettre une meilleure représentation des femmes au sein des conseils municipaux et des exécutifs. Par ricochet, cela féminisera un peu plus les assemblées des EPCI (Établissement public de coopération intercommunale, ndlr), ce qui devrait à terme conduire plus de femmes à la présidence de ses derniers », juge Philippe Ribot, maire de Saint-Privat-des-Vieux, près d’Alès, et président de l‘Association des maires du Gard.
Article disponible sur Info Occitanie publié le 17 avril 2025.
Source image: Info Occitanie
En 2024, année de toutes les élections, les partis politiques belges ont dépensé plus de 15 millions d’euros en publicités sur les réseaux sociaux. Derrière ce montant colossal, des inégalités de genre marquantes.
La Belgique est l’un des pays européens les plus dépensiers en propagande politique sur les réseaux sociaux. Selon le collectif AdLens, pour cette année au double scrutin (juin et octobre), les partis politiques et les candidat·es ont dépensé 11 millions d’euros sur Meta et 1,5 million d’euros sur Google. Ensemble, TVA incluse, cela représente une dépense totale de 15 millions d’euros pour les publicités en ligne.
À noter : plus d’un tiers de ce budget a été attribué au financement des publications via les pages personnelles de candidates et candidats politiques, enfin… surtout de candidats ! En classant les 500 pages personnelles les plus sponsorisées en 2024, AdLens compte 348 candidats masculins, soit 70% des annonceurs. Ensemble, ces hommes ont dépensé 2,9 millions d’euros, ce qui représente 75% du budget publicitaire destiné aux candidats (près de 4 millions d’euros HTVA).
Lisez ici l'article complet publié par RTBF le 20 janvier 2025.
Image de RTBF
Première femme élue à la présidence de l'histoire de la Namibie, Netumbo Nandi-Ndaitwah n'a pas particulièrement la réputation d'une championne des droits des femmes dans ce pays pourtant très bien classé par le Forum économique mondial en matière d'égalité. La nouvelle présidente reste partisane d'une législation stricte en matière d'avortement.
La première femme élue présidente de Namibie, Netumbo Nandi-Ndaitwah, a affirmé avoir "brisé le plafond de verre" dans un discours austère prononcé lors de sa première rencontre avec la presse depuis l'annonce de son élection. A 72 ans, elle a été élue début décembre 2024 dès le premier tour avec 57,31% des suffrages, selon la commission électorale de ce pays désertique d'Afrique australe.
"En tant que femme, je suis la première à admettre que mon élection à la plus haute fonction du pays a certainement brisé le plafond de verre des femmes namibiennes", a lancé celle qui est actuellement à l'issue de scrutins présidentiel et législatifs marqués par de nombreux dysfonctionnements.
Lisez ici l'article complet publié par TV5 Monde le 30 décembre 2024.
Image de TV5 Monde
Aux Comores, les femmes restent marginales en politique. Actuellement, il n’y a que huit candidates sur cent sept aux législatives, deux ministres sur quinze, dont la porte-parole, et une seule gouverneure élue sur trois. Un contraste saisissant avec les déclarations du président Azali Assoumani, qui prône régulièrement une plus grande implication féminine dans la gestion des affaires de l'État et des postes électifs.
En pleine campagne pour les législatives jusqu’au 10 janvier, le débat de la représentation des femmes en politique aux Comores est remis sur la table. Pour le pouvoir, des progrès sont en marche. Houmed Msaidié, conseiller politique du président Azali Assoumani, défend une dynamique prometteuse malgré certaines limites.
« Je peux vous dire que les femmes s'engagent effectivement en politique pendant les campagnes, mais dès que les campagnes se terminent, elles ont tendance à laisser un peu de côté la politique. Mais ce qui est sûr, elles commencent aussi à prendre des responsabilités importantes au niveau de l'administration publique, des entreprises publiques et parapublique, donc le mouvement est là, la dynamique a été enclenchée par le président, je crois qu'elle est en train de prendre et on le verra aussi au niveau des communales », explique-t-il.
Lisez ici l'article complet publié par RFI le 5 janvier 2025.
Image par RFI
Au lendemain des élections européennes de 2024, 39 % des députés au Parlement européen sont des femmes. Elles étaient seulement 16 % en 1979, lors des premières élections européennes au suffrage universel direct. La part des femmes au Parlement européen a progressé à chacune des élections jusqu’en 2019. Le scrutin de 2024 marque un recul pour la première fois.
Aucune règle ne fixe d’obligation commune aux États membres, en matière de parité femmes-hommes pour les élections des députés européens. Certains pays se sont dotés d’un quota qui définit une part minimale de chaque sexe parmi les candidats. C’est le cas de la France, qui a élu 41 femmes et 40 hommes. Mais les quotas n’expliquent pas tout. En Belgique, les femmes constituent la moitié des candidats, mais seulement 41 % des élus en 2024 [1]. À l’inverse, certains pays fixent un quota, mais en deçà de 50 %. En Espagne par exemple, la loi impose un minimum de 40 % de femmes. Ce qui n’empêche pas la délégation espagnole d’être parfaitement paritaire.
D’autres pays (Suède, Finlande) ont d’ailleurs envoyé plus de femmes que d’hommes au Parlement européen sans que la loi nationale ne prévoie de représentation minimale des femmes. La Pologne, en revanche, n’a élu que 28 % d’eurodéputées, la Bulgarie 24 % et la Roumanie seulement 18 %.
Au total, la parité n’est toujours pas atteinte au Parlement européen. Mais les femmes y ont une place plus importante que dans de nombreux parlements nationaux.
Cliquez ici pour lire l'article complet publié par Observatoire des inégalités le 20 novembre 2024.
Source image : Observatoire des inégalités