Leadership des femmes
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L’égalité économique n’est plus une option morale. Il s’agit d’une urgence de compétitivité. Face à une activité féminine encore faible et à une présence limitée des femmes aux postes de décision, We4She appelle entreprises et pouvoirs publics à passer des discours aux actes. D’ailleurs, un plaidoyer proposant des mesures impactantes sera dévoilé incessamment.
On ne le dira jamais assez, l’activité économique a tout à gagner avec l’émancipation des femmes. L’occasion, pour l’association We4She, de rappeler combien le plafond de verre demeure un obstacle persistant à la pleine participation des femmes à la vie économique. Car, en dépit des progrès réalisés ces dernières années, les chiffres continuent de témoigner d’un décalage profond entre les ambitions affichées et la réalité du terrain.
Le Maroc affiche encore l’un des taux d’activité féminine les plus faibles de la région MENA, autour de 19%. Seules 13% des entreprises marocaines sont dirigées par des femmes, tandis que le Royaume occupe la 137e place sur 146 pays dans le Global Gender Gap Report 2024. Autant d’indicateurs qui rappellent que l’égalité économique ne peut plus relever du seul registre de la sensibilisation. Elle doit désormais s’inscrire dans celui de l’action structurée.
Chaque année, le 8 mars est célébré avec éclat. Pagnes uniformes, défilés et moments de convivialité marquent cette journée dédiée aux droits des femmes. Pourtant, derrière cette ambiance festive, une réalité plus discrète subsiste : celle des femmes rurales, souvent absentes des célébrations mais au cœur des défis quotidiens.
Cette année encore, la capitale politique, Gitega, a vibré au rythme de cette journée dédiée aux femmes. Le soleil n’avait d’égal que l’éclat des pagnes multicolores qui ont envahi les artères de la ville le 9 mars. Des rangs disciplinés de femmes militaires et policières marchant d’un pas cadencé aux délégations d’institutions publiques et privées, le défilé a offert une image de force et d’unité. Placée sous le thème « Ensemble œuvrons pour la promotion des droits et de la justice pour tous », la cérémonie se voulait à la fois festive et revendicative.
Au-delà du spectacle, les discours ont rappelé que les défis restent nombreux. La présidente du Forum des Femmes au Burundi a dressé un bilan nuancé des progrès réalisés. Elle a salué les avancées législatives tout en dénonçant les obstacles invisibles qui freinent encore l’ascension des femmes. Selon elle, les discriminations persistent, tout comme les violences basées sur le genre et les inégalités d’accès à l’éducation, aux soins de santé, aux opportunités économiques et aux instances de décision.
Les femmes occupent aujourd’hui 42,1 % des sièges dans les conseils municipaux. Pourtant, elles restent minoritaires dans les intercommunalités, là où se décident les orientations budgétaires et stratégiques des territoires.
La France affiche une ambition claire en matière d’égalité femmes-hommes en politique. Depuis la loi sur la parité de 2000, les listes électorales dans de nombreuses communes doivent alterner femmes et hommes. Résultat, les conseils municipaux ont profondément changé de visage. Alors qu’en 1995, les femmes ne représentaient qu’environ 21 % des conseillers municipaux, en 2020, elles en représentent 42,1 %. Cette progression confirme l’efficacité des quotas pour transformer la représentation descriptive des assemblées locales). Mais derrière ce progrès visible se cache une réalité plus nuancée. Dans les structures intercommunales, là où se prennent des décisions clés sur les finances locales, l’aménagement du territoire ou le développement économique, les femmes restent nettement sous-représentées.
Notre recherche, fondée sur les données exhaustives des élections municipales de 2020 et sur plus de 64 000 délégués intercommunaux, met en évidence un mécanisme central : les inégalités observées dans les intercommunalités ne naissent pas à ce niveau, elles prolongent celles qui structurent déjà l’accès aux fonctions exécutives municipales.
Partout dans le monde, les femmes restent largement sous-représentées dans les instances dirigeantes politiques, et les décisions majeures continuent d’être prises en grande majorité par des hommes.
Selon les données de l’UIP et d'ONU Femmes, seuls 28 pays sont dirigés en 2026 par une femme cheffe d’État ou de gouvernement, tandis que 101 pays n’ont encore jamais été dirigés par une femme.
Cette sous-représentation se reflète à tous les niveaux de la prise de décision politique. Les femmes occupent aujourd’hui 22,4 % des postes ministériels dans le monde, un recul par rapport aux 23,3 % enregistrés en 2024, après plusieurs années de progrès constants.
Si quatorze pays ont atteint la parité entre les sexes au sein de leur gouvernement, huit pays ne comptent toujours aucune femme ministre.
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes le 8 mars prochain, la ville organise plusieurs temps forts ouverts à tous, du 2 au 4 mars 2026. Cette programmation pluridisciplinaire (cinéma-débat, spectacle vivant et ateliers) vise à mettre en lumière les parcours de femmes, leurs engagements et la richesse de leurs expériences, tout en favorisant l’échange et la réflexion collective.
En marge du 39e Sommet de l'Union africaine, un partenariat stratégique entre l'Agence de développement de l'Union africaine-NEPAD et Women for Women International a marqué un changement structuré dans la manière dont la politique de genre est encadrée à travers le continent. Plutôt que de traiter les femmes comme des bénéficiaires du développement, l'initiative les positionne comme des acteurs économiques centraux pour une croissance inclusive.
L'accord s'aligne directement sur l'Agenda 2063, qui appelle à un développement inclusif et durable ancré dans le capital humain. Sous la direction d'AUDA-NEPAD et de ses partenaires, la feuille de route pour 2026-2028 cible les contextes post-conflit, fragiles et vulnérables au climat où la participation économique des femmes reste limitée.