Parlements et élus
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La ministre de la Solidarité, de l’Insertion sociale et de la Famille, Naïma Ben Yahia, a annoncé lundi à Rabat le lancement prochain d’une campagne nationale de sensibilisation visant à renforcer la participation politique des femmes et à lutter contre la discrimination et les stéréotypes dans la sphère politique.
Intervenant lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants sur le thème de la participation politique des femmes, Mme Ben Yahia a indiqué que cette campagne s’inscrit dans le cadre du programme « Moucharaka ». Ce programme a pour objectif de promouvoir l’implication des femmes dans la vie politique à l’horizon des échéances électorales de 2026 et 2027, à travers le soutien et le renforcement des capacités des partis politiques et de la société civile.
La ministre a précisé que des cycles de formation seront organisés au profit des femmes membres des formations politiques, en coordination avec les présidentes des organisations féminines partisanes. Ces actions seront accompagnées de la réalisation d’études, en partenariat avec les universités, afin d’identifier les leviers susceptibles d’améliorer la représentation politique des femmes.
L’ambassadeur représentant permanent du Maroc à Genève, M. Omar Zniber, a présenté, jeudi au Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies (CDH), une résolution inédite sur le rôle des femmes dans la diplomatie et leur participation à la défense et à la promotion des droits humains.
Cette nouvelle avancée en faveur d’une diplomatie plus inclusive a été actée et adoptée par consensus par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.
Présentée dans le cadre de la 58ᵉ session du CDH, cette résolution, portée par un groupe transrégional piloté par le Maroc – porte-plume de cette initiative, et composé du Chili, de l’Espagne, des Maldives, de Maurice, du Mexique et de la Slovénie, vient consacrer une priorité constante de la politique étrangère du Royaume : faire progresser l’égalité de genre dans la diplomatie ainsi que dans les enceintes multilatérales, en assurant aux femmes un accès égal aux sphères de décision.
Le texte, largement soutenu, consacre la reconnaissance du rôle essentiel des femmes diplomates dans la construction d’un ordre international plus juste, plus équilibré, et plus durable. Une vision que le Maroc porte avec conviction depuis plusieurs années dans toutes les instances où il siège.
Depuis la réforme constitutionnelle de 1999, la représentation des femmes en politique s’est améliorée au fil du temps. Pourtant, le dispositif de la parité homme-femme peine à s’imposer au sein du pouvoir local à l'approche des élections municipales.
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Léa Chamboncel, journaliste politique chez Backseat, fondatrice du média Popol
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Cécile Duflot, directrice générale d'Oxfam France, ancienne ministre
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Julia Mouzon, fondatrice du réseau Elueslocales.fr
Si la semaine précédente, nous parlions du bien le plus précieux pour l’Homme : l’eau, aujourd'hui Le téléphone sonne se concentre sur la parité en politique au niveau local. Un sujet prioritaire depuis les années 1990, mais qui manque de résultat concret.
Le dispositif sur la parité entre les hommes et les femmes en politique est de plus en plus exigeant. Les lois qui se sont succédé depuis 25 ans ont précisé les obligations lors des élections nationales, régionales, cantonales puis municipales.
La dernière en date se vérifie le 07 avril dernier, le Parlement a voté en faveur d’une loi imposant la parité dans les communes de moins de 1000 habitants. Une réelle avancée pour certains et une contrainte pour d’autres qui pensent que cette obligation aurait pour conséquence un manque de candidats sur les listes. Pourtant, sur le plan local, il y a encore du chemin à faire. Selon la dernière étude de la Caisse des dépôts publiée en septembre 2025, en France on ne compte que 17,5 % de femmes maires et dans les conseils des communes de moins de 1000 habitants, elles ne représentent que 37 %. Au niveau local comme au niveau national, un constat est clair, les femmes manquent à l'appel.
Dans la région, les femmes représentent 43% des élu-es, d’après l’INSEE CVL. Des chiffres encourageants, obtenus notamment grâce à la loi organique du 17 mai 2013 qui exige que les listes municipales soient soumises à l’exigence paritaire dans les communes de 1 000 habitant-es et plus. Mais maintenant, la loi du 21 mai 2025 impose à toutes les communes, sans critère de taille, l’exigence paritaire des listes municipales. Une disposition qui devra s’appliquer aux prochaines élections municipales de 2026. Le réseau d’associations Elles Aussi, à travers une exposition et une vidéo sur l’Histoire du droit de vote des femmes, ainsi qu’un guide pratique, veut montrer qu’il est possible d’atteindre la parité.
Une parité atteignable
Sachant que 70% des 1 755 communes de la région possèdent moins de 1 000 habitant-es, c’est un défi de taille. L’association Elles Aussi propose justement un guide pour aider les femmes à s’engager car, à la phrase “On ne va jamais trouver les femmes” elles répondent que “chaque fois, on a trouvé des femmes“. Gaëlle Lahoreau, vice-Présidente de la Région déléguée à la Démocratie permanente, à la citoyenneté, aux initiatives locales et à l’éducation populaire, poursuit dans ce sens : “Il ne faut pas être inquiets et inquiètes pour les élections à venir du mois de mars, toutes les communes vont trouver des femmes pour remplir leur liste”. De même, Chantal Blot, conseillère municipale à Olivet, souligne que, même si “certains disent que ces lois paritaires sont stupides”, elles permettent justement “d’encourager les femmes à se présenter“.
Dans la région, les chiffres vont donc dans la bonne direction : 1/3 des communes ont déjà la parité. Cela montre que la parité pour toutes les communes est atteignable. Certaines relèvent d’ailleurs déjà avec brio cette exigence. D’après les chiffres de Gaëlle Lahoreau, la commune de Luzé, en Indre-et-Loire par exemple, présente un conseil municipal avec 83% de femmes. En revanche, sept communes ne présentent toujours aucune femme au sein de leur conseil municipal, notamment : Trinay, dans le Loiret ; Lumeau, Le Mesnil-Thomas et Villampuy en Eure-et-Loir ; ainsi que Pray, Saint-Jacques-des-Guérets et Villeneuve-Frouville dans le Loir-et-Cher.
Le patriarcat aime nous bercer d’un récit qui l’arrange : celui d’une égalité entre les femmes et les hommes enfin atteinte, presque dépassée, reléguée aux luttes d’hier. Pourtant, quotidiennement, l’actualité se charge de contredire frontalement ce discours. Si le féminisme continue de déranger autant, ce n’est pas par excès idéologique, mais parce que les dominations qu’il combat sont toujours là, bien réelles. Et que celles et ceux qui bénéficient de ces dominations veulent conserver le pouvoir.
On oppose souvent aux luttes féministes un argument prétendument imparable : « la loi garantit l’égalité ». Comme si la loi était exhaustive et couvrait tous les cas de figures. Comme si l’inscription d’un principe dans un texte suffisait à le rendre effectif.
Or la prétendue égalité juridique ne supprime ni les pratiques discriminatoires, ni les rapports de domination, ni les représentations sexistes qui continuent de structurer les institutions, les médias et les comportements sociaux. Confondre l’intention normative avec la réalité vécue, c’est précisément ce qui permet de nier les violences persistantes.
Dans l’émission « Les candidats face aux femmes », Ahoua Don Mello dévoile un programme audacieux axé sur la reconnaissance du travail domestique, la santé maternelle et la lutte contre les stéréotypes culturels.
L’émission Les candidats face aux femmes continue de s’imposer comme le rendez-vous incontournable de l’élection présidentielle ivoirienne de 2025. Après Jean-Louis Billon et Henriette Lagou, c’était au tour d’Ahoua Don Mello, candidat déclaré à la magistrature suprême, de présenter sa vision sur l’émancipation des femmes, ce jeudi soir, devant un panel d’expertes de haut niveau.
L’émission, initiée par Rebecca Yao, experte en genre et présidente de l’ONG Femmes Ivoiriennes en Politique, a permis de poser un cadre rigoureux au débat. Elle était accompagnée du Professeur Weu Mélanie Tia, spécialiste en néphrologie et immunologie, enseignante-chercheure, et secrétaire adjointe de l’Association des Femmes Chercheurs de Côte d’Ivoire.